Des repas en famille sereins ? Oui, c’est possible !

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Se réunir autour d’une table pour partager un repas en famille, après une journée de travail et d’école. Voilà un pilier indispensable pour souder les liens familiaux et prendre un moment de déconnexion dans nos vies à cent à l’heure ! Car les repas jouent un rôle primordial dans la construction de la famille. Ils sont parfois le seul moment où toute la famille se retrouve. Chacun vient s’asseoir à table pour se poser, s’arrêter, se retrouver et se raconter. Le traditionnel “A table” ou “A taaaaaable” selon les familles 😉 est un véritable point de ralliement familial.

Oui mais voilà, c’est souvent un doux rêve que caressent les parents: un repas paisible, où chacun raconte sa journée, sans crise ni commentaire sur la nourriture servie, on ne voit cela que dans les films…. ou presque. La réalité est souvent bien différente. Les repas peuvent devenir une source véritable d’angoisse et de conflits, au point d’appréhender ce moment auquel on ne peut pourtant pas échapper, pour une raison évidente. On court beaucoup, on a mille choses à faire et à penser, les repas que l’on cuisine ne sont pas toujours sains, on manque d’inspiration, on fait manger les enfants avant pour être “tranquilles”, … Chaque famille a ses habitudes, bonnes et moins bonnes. Mais est-il possible de vivre des repas sereins en famille ?

repas serein

Cet article fait suite au carnaval d’articles organisé par Nath du blog https://www.nutri-momes.com. Mon article préféré est “Non non, ne finis pas ton assiette“. Les blogueurs s’unissent et publient autour du thème “Vos astuces pour des repas sereins en famille”. Tu auras accès librement à la compilation de ces articles sous forme d’un e-book gratuit. Si tu as aimé cet article, merci de le partager.

Comment passer de bons moments autour de la table ?

En tant que parents, nous voulons instaurer une bonne ambiance lors des repas pour en faire de beaux moments de partage.  Nous souhaitons éviter les disputes autour des repas et construire des habitudes alimentaires saines.  Mais comment arriver à ne pas les redouter ? Y a-t-il des pièges à éviter pour s’assurer que les repas se déroulent bien ? Voici quelques pistes de réflexion pour t’aider à y voir plus clair. C’est parti !

Lâcher prise sur les quantités

Cela commence fort, me diras-tu peut-être ? En effet, notre rôle de parent est avant tout d’élever des enfants en bonne santé et une bonne alimentation, saine et variée, constitue un pilier incontournable dans son bon développement. Il est donc difficile de lâcher prise sur la nourriture, d’autant que nous avons bon nombre d’idées reçues dont nous sommes persuadés qu’elles sont correctes et justifiées.  Mais sont-elles avérées? Sais-tu par exemple que manger un fruit juste après le repas est très mauvais pour la digestion ? Un fruit se digère très rapidement, tandis que le repas nécessitera beaucoup de temps pour être digéré. Résultat ? Le fruit va fermenter dans l’estomac et nuire à la digestion. Peu de personnes le savent.

quantités

Mais revenons à nos quantités. Le besoin de se nourrir étant vital, aucun enfant ne se laissera jamais mourir de faim, tu peux en être sûr ! Nous pouvons donc laisser notre enfant être responsable de sa faim et par conséquent de sa gestion des quantités. Personnellement, l’allaitement de ma fille m’a appris une chose importante:  lui faire confiance dès le départ sur les quantités dont elle avait besoin, car il m’était impossible de vérifier qu’elle avait effectivement bu suffisamment de lait. Je pense que cet aspect a joué un rôle dans le lâcher-prise que j’ai aujourd’hui vis-à-vis des quantités qu’elle mange aux repas. Laisser l’enfant maître de sa sensation de satiété diminuera les oppositions et jeux de pouvoir liés à la nourriture. Et s’il veut se resservir de pâtes et que nous trouvons que la portion est trop grande pour lui, nous pouvons aussi lui demander ce qu’en pense son estomac. “A ton avis, penses-tu qu’il reste encore de la place dans ton estomac?Faisons attention au ton que nous employons pour lui poser la question. Un “tu vois, tu as eu les yeux plus gros que le ventre” sur un ton culpabilisant et moralisateur s’il n’arrive pas à terminer son assiette ne va pas l’aider à s’écouter. Invitons-le plutôt à retenir la leçon pour la prochaine fois, en lui disant “qu’est-ce que tu pourras faire la prochaine fois pour éviter de gaspiller ?” Si nous pensons qu’il faut absolument finir notre assiette, c’est parce que nous avons été éduqués de la sorte, pour éviter le gaspillage et parce que les souvenirs de la guerre étaient encore bien présents dans l’inconscient collectif. Je suis moi-même contre le gaspillage, mais je préfère apprendre à ma fille à se servir elle-même et à ne pas surestimer ses besoins, quitte à ce que cela prenne un peu de temps et passe par une phase de “gaspillage” car je veux m’assurer qu’elle ait un bon rapport à la nourriture.

Lâcher prise sur les goûts

lacher prise goûtForcer notre enfant à goûter, à finir son repas avant de sortir de table alors qu’il n’aime pas les légumes du jour, va créer un rapport de force qui amènera davantage de résistance.

Une simple question de curiosité comme “Est-ce que tu as envie de goûter les brocolis aujourd’hui ? Peut-être que tes goûts ont changé ?” sur un ton bienveillant, en laissant vraiment à l’enfant la liberté de goûter ou pas, pourrait l’aider à accepter plus facilement de goûter. Et même si le test ne s’avère pas concluant, pensons à le féliciter d’avoir fait l’effort de goûter à nouveau, avec un “Ah non, tu n’aimes toujours pas les brocolis. Peut-être une prochaine fois ? Tu sais, quand j’avais ton âge, je détestais les carottes, et maintenant, j’en raffole. Heureusement que j’ai goûté plusieurs fois !“. Faire comprendre à l’enfant, par notre expérience, que les goûts évoluent et qu’il est intéressant pour lui de faire des expériences l’aidera à développer ses papilles et, à terme, à le préserver d’un risque de surpoids ou de troubles alimentaires.

N’oublions pas que nous aussi, nous avons des goûts et nous apprécions qu’ils soient respectés. Respectons également les changements d’envie des enfants. Tantôt ils préféreront les coquillettes, tantôt les farfalles. Il est normal d’avoir des “phases” avec la nourriture.  Moi-même j’en ai, alors je peux très bien comprendre 😉 Pas toi ?

Bannir le chantage

Bannir le chantage

Faber et King, les auteurs du livre “Parler pour que les tout-petits écoutent” nous disent ceci: “Utiliser un dessert, ou toute autre récompense, en tant que monnaie d’échange, ne permet pas aux enfants d’apprendre à savourer des aliments sains.

La tentation est grande de priver notre enfant de dessert s’il n’a pas tout mangé. D’autant qu’il nous dit qu’il n’a plus faim, mais bizarrement, il lui reste encore une place pour le dessert 😉

Si le dessert était prévu, gardons-nous de l’utiliser comme chantage pour qu’il finisse son plat. En effet, le chantage alimentaire est une pratique néfaste car la récompense promise modifie l’attitude de l’enfant à l’égard de l’alimentation. “Mange tes légumes si tu veux un dessert” va pousser l’enfant à se laisser tenter par les aliments interdits, et non le convaincre de s’alimenter sainement, comme nous le souhaitons. En utilisant le chantage, nous voulons arriver à nos fins, qui sont bonnes en soi : que notre enfant mange saintement. Mais cette méthode risque de provoquer l’effet contraire et l’enfant boudera les fruits et légumes qu’il aura dû manger pour obtenir son dessert.

A la maison, nous n’avons jamais pratiqué le chantage alimentaire avec ma fille et j’avoue être surprise par sa capacité à s’auto-réguler, même pour les sucreries ! Je ne peux pas prouver que cela soit la conséquence directe de la non-utilisation du chantage, mais je suis persuadée qu’il doit y avoir un lien.

Comment l’aider à manger de tout ?

préparation repasUn repas se prépare en amont, au moment où nous faisons les courses. Ton enfant a-t-il l’habitude de t’accompagner ? Si oui, alors je te propose de le rendre acteur, de le faire participer. “Ce soir, nous allons faire une soupe. Est-ce que tu pourrais aller chercher une courgette s’il te plaît ?” Voilà une petite mission qui le rendra très fier et il sera d’autant plus intéressé par ce que l’on compte faire de cette courgette qu’il aura fièrement choisie. Comme je l’explique dans cet article, le sentiment d’apporter une contribution unique et de se sentir utile sont des piliers d’une bonne estime de soi. Les enfants ont besoin de sentir que leur présence est désirée. Ils ont besoin que l’on ait besoin d’eux.

Pensons également à l’impliquer dans le processus de préparation du repas, en cuisine. Même s’il est encore petit, nous pouvons facilement lui donner une petite tâche, comme mettre les légumes coupés dans la casserole. Car non, la cuisine n’est pas un endroit dangereux et interdit pour l’enfant !  Tenons tous les ustensiles dangereux loin de lui, évidemment, mais pour le reste, il n’y a vraiment aucun inconvénient à ce qu’il vienne nous aider, au contraire ! Suscitons son intérêt pour la cuisine en général.Sais-tu qui a pondu cet œuf, mon chéri ?” ou encore “Et cette brique de lait, tu sais d’où elle vient ?Plus l’enfant se sent impliqué et participatif, plus nous mettons les chances de notre côté pour que le climat soit serein au moment du repas.

A la maison, nous sommes adeptes du zéro déchet. Nous tentons, tant bien que mal, de diminuer nos déchets, et privilégions le vrac. Ce qui est intéressant dans les petits commerces de vrac, c’est que le choix est assez limité, ainsi que les tentations ! Pas de petits gadgets accrocheurs aux caisses, pas d’hésitations entre des dizaines de boites de céréales pour le petit-déjeuner, conçues pour attirer l’œil de notre progéniture. Des choses simples, sans fioriture, sans emballage, et au final, pas de crise dans le magasin. Que du bonheur 🙂

Ni pression ni étiquette

As-tu déjà entendu parler de la néophobie alimentaire ? C’est la peur qu’a l’enfant de consommer un nouvel aliment, de la même manière qu’il peut avoir peur lorsqu’il rencontre une nouvelle personne. Il fait la grimace, repousse son assiette ou encore recrache après avoir mâché l’aliment pendant un certain temps. La néophobie alimentaire toucherait plus de la moitié des enfants âgés de 2 à 7 ans. Elle n’a rien à voir avec un caprice, alors inutile de catégoriser notre enfant de “difficile”. Les maître-mots ici sont patience, indulgence et persévérance. J’ai lu qu’un enfant pouvait goûter un aliment plus d’une vingtaine de fois, sous différentes formes, avant de l’aimer. Ne nous décourageons donc pas après quelques essais infructueux, même si la tentation est grande.

Pour l’instant, ma fille refuse systématiquement les poireaux. Et elle a le coup d’œil pour les repérer 😉  Mais nous testons de temps en temps, sous une forme puis sous une autre, sans lui mettre la pression. Personnellement, je pense que c’est plutôt une question de texture que de goût qui la dérange, mais je garde espoir qu’un jour elle me dise “j’aime bien les poireaux, maman”. Et même si finalement, elle n’aime pas, ce n’est pas très grave. Je n’aime pas trop les champignons et je le vis très bien 😉

Moins nous lui mettons la pression et plus il sera tenté de goûter. Et pensons à l’effet miroir. Montrons-lui l’exemple, en disant ce que nous apprécions, et pourquoi nous trouvons ça bon. Sans exagérer, non plus. 😉 Ne leur collons pas non plus d’étiquette du style “il n’aime pas les épinards. Il est difficile. Il ne mange rien” lorsque nous parlons de lui, surtout en sa présence. Soyons plutôt précis, factuels, et positifs : “pour l’instant, il n’aime pas la tomate. Il a goûté, mais ça ne lui a pas du tout plu. Laissons-lui un peu de temps, il changera probablement d’avis.

Casser la routine de temps en temps

Chaque famille a ses propres règles autour du repas, mais l’important est qu’elles soient claires pour tout le monde. Si nous décidons que notre enfant a le droit de ne pas terminer son repas, mais qu’il n’aura rien d’autre en compensation, soyons cohérents. Je sais que cette règle peut être difficile à respecter pour certains parents. Cela dépend aussi de notre caractère. Si nous savons que nous sommes incapables de nous y tenir, autant ne pas y avoir recours. Les règles, c’est bien. Et casser la routine de temps en temps, cela fait du bien aussi ! Parfois, il est bon d’amener un peu de légèreté autour du repas, pour détendre l’atmosphère, pour s’amuser un peu.

On peut rendre les repas ludiques, en faisant des personnages avec la nourriture. Un beau sourire avec de la purée, 2 tomates-cerises pour faire les yeux, et le tour est joué. Pas besoin de faire une oeuvre d’art pour décrocher un sourire auprès de ton enfant et rendre le repas plus appétissant ! Soyons créatifs ! Et pour le goûter, pourquoi ne pas lui demander de fermer les yeux et de deviner quel fruit tu lui proposes ?

De temps en temps, nous pouvons aussi décider de manger par terre, dans le salon. On peut créer avec notre enfant un petit endroit sympa, cosy, avec une couverture, des coussins et se partager une pizza à manger …. avec les doigts !!! Il prendra beaucoup de plaisir et nous aussi, avouons-le 😉

Conclusion

J’espère t’avoir donné quelques pistes de réflexion pour que les repas en famille soient agréables ou qu’ils le redeviennent. Et toi, quelles sont les tiennes ? Est-ce que les repas se déroulent bien chez toi ? Alors, un repas serein, finalement, est-ce que c’est possible ?

L’essentiel est d’impliquer son enfant dans l’élaboration des repas, de le rendre participatif et de lui donner une certaine autonomie. Nous pouvons décider du contenu de l’assiette et de l’heure – en d’autres termes, du cadre – en laissant notre enfant choisir la quantité qui lui convient. Chacun se sent alors respecté et manger ensemble (re)devient un plaisir.

Si ton enfant reste malgré tout très sélectif et refuse systématiquement toute nouveauté, en étant vraiment dégoûté, il souffre peut-être d’un trouble de l’oralité alimentaire. Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à en parler à son pédiatre.

Merci de m’avoir lue et n’oublie pas que les parents parfaits n’ont pas d’enfant !

Ludivine

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5 thoughts on “Des repas en famille sereins ? Oui, c’est possible !

  1. Merci pour cet article !
    Je rebondis sur le point où tu évoques l’allaitement. En effet, il est très important de faire confiance à son bébé. Malheureusement, la société nous culpabilise vite : ton bébé pleure, c’est à cause de l’allaitement. Ton bébé ne fait pas ses nuits, c’est à cause de ton allaitement, etc. Alors qu’il peut y avoir une multitude de causes. Et sauf, de rares exceptions, l’allaitement est ce qu’il y a de meilleur pour le bébé car le lait est adapté à son âge et même à la période de la journée !

    J’explique aussi à mes enfants de demander à leur estomac s’il a encore faim 😉

    Je te rejoins aussi là où tu expliques qu’il est important de faire participer l’enfant à la préparation des repas. Les enfants sont capables d’effectuer beaucoup de tâches en cuisine et souvent, les parents n’en ont pas pris conscience. Faisons-leur confiance. Voici un article qui explique les capacités de nos enfants en cuisine : https://nutri-momes.com/enfants-en-cuisine-quelles-sont-leurs-capacites/

    Encore un grand merci pour tes mots si justes 🙂

    1. Merci Nath d’avoir lancé ce carnaval d’articles car je trouve que les repas sont vraiment un point essentiel de la vie de famille et on n’a jamais trop d’astuces sur le sujet. Contente de lire que nos avis se rejoignent, car c’est toi la pro de l’alimentation 🙂 Ouf, je n’ai pas dit trop de bêtises alors ? ;p

  2. Bonjour (enfin re, c’est mon 2è commentaire aujourd’hui 😉 )

    J’ai souri quand tu dis à ta fille de demander à son estomac s’il a encore faim, je demande aussi à mes enfants ce que leur estomac dit à leur cerveau.
    Les repas ont été quelques temps compliqués à la maison avant que j’arrive à lâcher prise. Du coup, en hiver, l’un de mes garçons mange tous les soirs de la soupe (seul moyen pour lui de manger des légumes) et mon autre garçon alterne haricots verts et choux fleur (avec du curry sinon ça ne passe pas). Je leur fait goûter les autres légumes régulièrement. L’été, celui qui n’aime que la soupe, n’aime que le melon, et mon deuxième aime d’avantage les crudités, donc c’est un peu plus varié à cette période. Ça viendra quand ça viendra. Et sinon, on a instauré le jeudi libre, où en fait ce sont eux qui décident du menu du début à la fin (on mange souvent des sandwichs ce jour-là 😉 ) . Ca aide à accepter que ce soit un peu moins fun certains soirs. Ils n’aiment pas trop participer en cuisine par contre.

    1. Comme tu le dis si bien, la clé est de lâcher prise, même si c’est plus facile à dire qu’à faire, on est bien d’accord! La relation à l’alimentation évolue, mais souvent pas quand ni comment on le voudrait. Comme on s’y est pris assez tôt avec ma fille, j’ai l’impression que ça aide, mais l’avenir nous le confirmera… ou pas 😉 Bon courage en tout cas, l’été n’est plus très loin !

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