Remplacer les compliments par des encouragements

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“L’encouragement est à l’enfant ce que l’eau est à la plante🌱 . Il ne peut survivre sans.” Rudolf Dreikurs

Encouragement

Lorsqu’un enfant a un comportement inapproprié, il dit en réalité: “Je veux appartenir mais je ne sais pas comment m’y prendre”. Etre dans l’encouragement signifie identifier les besoins cachés derrière les comportements qui nous mettent en colère ou encore nous blessent. Par l’encouragement, on peut modifier les croyances erronées qui motivent le comportement inapproprié de l’enfant.

La définition du mot “encourager”, c’est “insuffler de la force, du courage“. Un enfant encouragé retrouve sa capacité, sent qu’il peut participer et influencer ce qui lui arrive, ainsi que sa manière de réagir à ce qui lui arrive.

Encourager et complimenter, deux choses différentes

De même que pour la punition, méfions-nous de ce qui marche! Les compliments peuvent être source de motivation pour certains mais, à long terme, ils rendent les enfants dépendants de l’approbation de l’adulte et du regard des autres. En d’autres termes, ils développent un référentiel externe.  Il a également été prouvé que le compliment ne pousse pas à la prise de risque, par peur de faire une erreur. Par contre, l’encouragement aide au développement de la confiance en soi; le référentiel devient interne.

Comment distinguer un compliment d’un encouragement?

En se posant ces questions:

  • Suis-je respectueux ou condescendant?
  • Est-ce que mon commentaire pousse à l’auto-évaluation ou à l’évaluation d’autrui?
  • Est-ce que je me place du point de vue de l’enfant ou du mien?
  • Est-ce que je ferais ce commentaire à un ami?

Je t’invite aussi à regarder cette vidéo de Noémie de Saint-Sernin, qui explique clairement la différence entre les encouragements et les compliments.

Comment encourager efficacement?

1. Connecter

Etre connecté signifie être à l’écoute de l’enfant, entrer dans son monde et le prendre au sérieux dans ses besoins, même s’ils ne correspondent pas aux nôtres. En d’autres mots, on atteint son  avant d’atteindre son 🧠. Respecter son propre monde et celui de l’enfant est une condition capitale de l’encouragement.

2 outils pour être connecté

  • Le temps dédié

Temps dédiéAvoir un enfant, c’est avant tout un bonheur! On est souvent pris dans le rythme effréné de nos vies et le temps dédié pourra être vécu comme une parenthèse d’amour inconditionnel et d’attention exclusive à l’enfant. Le parent passe un temps régulier, programmé, juste pour son enfant, comme un cadeau. Il ne peut pas être supprimé à cause d’un comportement inapproprié car il n’est ni une récompense ni un privilège. Les possibilités sont infinies, on peut laisser libre cours à son imagination 🙂 Un goûter après l’école, une lecture, un jeu, une promenade… Savoir que l’on compte aux yeux de l’autre développe le sentiment d’appartenance et d’importance. L’enfant se sentira naturellement encouragé! Inutile de préciser que les smartphones ne sont pas admis pendant les temps dédiés…

Le geste d’affection

Proposer un câlin à un enfant qui se comporte mal peut sembler étrange! On peut craindre de “récompenser” une bêtise. Mais parfois, cette connexion est nécessaire pour que le coeur soit touché, avant de toucher la tête. Ensuite, on peut attendre de voir si le fait de se sentir encouragé suffit à enclencher le changement ou si un autre outil est nécessaire.

2. Respecter

Quand on parle de respect mutuel, on englobe à la fois la confiance en soi et dans l’autre, l’intérêt pour chaque opinion, la reconnaissance de sa part de responsabilité dans le problème.

Le simple fait de se mettre à place de l’enfant peut beaucoup aider!  Si l’on repense un instant à une situation de notre enfance où un adulte, par une remarque, nous a complètement découragé, on peut encore se remémorer l’incompréhension, l’impuissance ou même l’humiliation que l’on a ressentie à l’époque. Par contre, si l’on cherche dans nos souvenirs un encouragement donné par un adulte, on remarque que l’on s’est senti connecté, compris, apprécié et unique, ce qui nous a sans aucun doute donné envie de faire mieux!

Nous pouvons également utiliser les questions de curiosité pour créer une ambiance encourageante qui met en avant les initiatives et implique activement l’enfant. On peut par exemple demander à l’enfant: “vois-tu quelque chose à faire pour que la cuisine soit bien rangée?” plutôt que de lui dire “range la cuisine“.

3. Se concentrer sur les forces

chemin

Concentrons-nous sur les ressources de l’enfant pour les faire grandir. C’est le principe de la psychologie positive. Encourager, c’est se centrer sur les forces de l’enfant pour que le négatif s’efface au profit du positif! Et pour les perfectionnistes comme moi, apprenons à viser plutôt l’amélioration, pour que l’encouragement ait une plus grande place dans nos relations 😉 La perfection est une attente tellement lourde à porter, encore plus pour les enfants. Bannissons le “jamais” et le “toujours” qui enferment et risquent d’éteindre la motivation. Prenons aussi le temps des apprentissages. Nous attendons si souvent des résultats immédiats, sans forcément communiquer clairement sur ce que nous attendons ni sur les étapes nécessaires pour y arriver. Par exemple, lorsqu’un parent demande à son enfant de ranger sa chambre, c’est assez vague. Pour être plus précis, il pourrait dire “mets d’abord ton linge sale dans le panier, puis range tes vêtements propres dans ta garde-robe et ensuite je te dirai ce que tu peux faire d’autre“.

Ce n’est pas pour autant que les enfants feront tout ce qu’on leur demandera. L’apprentissage est un chemin et les priorités des adultes ne sont pas celles des enfants.  Lorsqu’un enfant aura suffisamment progressé et pourra devenir plus autonome, il faudra l’informer. S’il est assez grand pour s’habiller seul et qu’on le laisse se débrouiller du jour au lendemain, sans même l’avoir prévenu, il pourra se sentir perdu, alors qu’il maîtrise la compétence.

4. Rediriger les comportements inappropriés

Repérer la force qui se cache derrière  un comportement inapproprié permet de le rediriger vers un comportement utile. Un enfant perturbateur est souvent un  meneur et le remarquer permet de rediriger  son énergie de  manière constructive. De même, un enfant qui ne veut jamais aider à ranger peut être désigné ‘chef du rangement’ et prendre son rôle à coeur.

5. Changer de regard sur l’erreur

Apprenons à l’enfant à considérer les erreurs comme des opportunités d’apprentissage. C’est un des outils-clés de la Discipline Positive. Quand il agit de manière irresponsable ou irrespectueuse, donnons-lui la possibilité de réparer son erreur et d’aider la personne lésée à se sentir mieux. Cette démarche est très encourageante si elle est faite dans les règles de l’art, c’est-à-dire, en connectant d’abord avec l’enfant et en l’impliquant dans la “correction”.

Pouvoir réparer permet d’intégrer que l’erreur fait partie du processus d’apprentissage et enseigne le sens des responsabilités à l’enfant. En effet, il peut assumer les conséquences de ses comportements sans avoir peur d’être humilié et en se sentant encouragé à faire mieux.

6. Encourager l’autoévaluation et l’autonomie

ailesSe centrer davantage sur les forces que sur les faiblesses favorise l’apprentissage de l’enfant. Une des clés de l’encouragement est de le motiver à poursuivre ce qui est bien. En faisant cela, on leur donne des ailes qui ouvrent le champ de leurs possibilités. Si un enfant range ses jouets et en oublie un, on peut dire “waouh, je vois que tu as tout rangé, bravo” et ajouter “oh, et ce jouet-là, il s’est perdu?“. Cette formulation permet de ne pas pointer directement du doigt “l’erreur” mais de laisser la possibilité à l’enfant de remarquer l’oubli et de corriger par lui-même.

L’autonomie permet à l’enfant de se sentir capable. Pour la favoriser, un bon outil à utiliser est la création de routines. Une fois qu’elle sera mise en place, c’est elle qui prendra les commandes et le parent ne devra plus demander ou faire faire à l’enfant. Pour qu’une routine soit efficace, il faut qu’elle soit établie avec l’enfant, qu’il participe à sa création et qu’elle soit visible. Les routines les plus connues sont les routines du matin et du soir. L’adulte n’aura plus qu’à s’assurer de leur bon déroulement.

Les obstacles à l’encouragement

Les réactions instinctives

L’éducation que nous avons reçue nous a donné de nombreux automatismes et réagir au comportement de l’enfant plutôt que de prendre du recul est normal.  Nous devons vraiment faire un effort, en tout cas au début, pour nous rappeler qu’un enfant qui se comporte de manière inadéquate est en train de nous dire “je veux appartenir”.

La punition

Les enfants ont le don d’appuyer là où cela fait mal et notre réaction instinctive est de punir et non d’encourager. C’est une réponse automatique, dépourvue de réflexion sur les conséquences à long terme de la punition. Etre encourageant s’apprend et se cultive.

Le choix du bon moment

Il est difficile de connecter dans la tempête, et donc d’encourager. Le conflit nous empêche d’être à l’écoute, nos émotions nous aveuglent et la subjectivité prend le dessus. C’est là que le temps de pause prend tout son sens et permettra à chaque de retrouver ‘ses esprits’.

La pression sociale

Qui n’a jamais eu peur d’être jugé par son entourage lorsque son enfant fait une crise? On a vite tendance à punir pour se sortir d’une situation gênante, ou même pour prouver aux autres qu’on a de l’autorité sur notre enfant. Il faut être courageux pour rester fidèle à soi-même et à ses valeurs éducatives dans ce genre de situation. Le mieux, si l’on ressent la pression sociale, c’est de s’éloigner avec l’enfant pour gérer le problème en privé.

La critique

On pense souvent, à tort, que pour encourager notre enfant à faire mieux, il faut critiquer ce qu’il ne fait pas bien. Une critique est un regard désapprobateur qui dévalorise ce qui a été fait. Elle se focalise sur la faiblesse et l’imperfection, alors que l’encouragement se concentre sur les forces pour aider à construire.

J’encourage, tu encourages, il encourage

Je trouve que les encouragements nous font entrer dans un cercle vertueux de positivisme. Pas toi? Lorsqu’on le met en pratique avec nos enfants, on sème les encouragements dans toute la famille et même avec les amis, car cela devient un automatisme.  Personnellement, j’ai tendance à voir le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein et j’ai du pain sur la planche dans ce domaine 😉 Mais ce que j’apprécie, c’est qu’à l’inverse du compliment, l’encouragement reste descriptif et nous apprend à ne pas se contenter d’un “ooh, qu’est-ce qu’il est beau ton dessin” alors que, soyons honnête, nous ne le pensons pas toujours car tous les enfants ne sont pas des Picasso 😉 Et je suis convaincue que les enfants le sentent. A force de recevoir des compliments, ils peuvent même commencer à douter de notre sincérité.

Être encourageant, pour moi, c’est faire l’exercice de prendre du recul sur la situation et se demander “qu’est-ce qu’il y a de positif là-dedans”? J’essaie de trouver le bon équilibre entre les encouragements et les compliments, qui sont plus comme des 🍬 bonbons🍬  parce qu’un compliment de temps à temps, finalement, ça ne fait de tort à personne. Et puis, ma fille est bien  la plus belle et la plus adorable au monde, donc il faut qu’elle le sache 😉  Et chez toi, ça se passe comment? Plutôt compliments ou encouragements?  En tout cas, j’espère que cet article t’aide à y voir plus clair et à mieux comprendre les enjeux sur le long terme…

 

Merci de m’avoir lue et à la semaine prochaine!

D’ici là, n’oublie pas que les parents parfaits n’ont pas d’enfants 😉

Ludivine

 

Source: la Discipline Positive, de Jane Nelsen

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