Pourquoi le monde ne tourne pas rond?

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Si tu as vu le film “Miss Detective” dans lequel Sandra Bullock, agent du FBI, s’infiltre dans la cérémonie d’élection de Miss Etats-Unis, tu connais sûrement la réponse que donnent toutes les candidates à la question “quelle est la chose la plus importante dont la société a besoin?” Cette réponse est…

“Un monde en paix”

peace and love

Alors, je ne suis pas miss, mais si l’on me posait la question, je répondrais sans hésitation “un monde bienveillant“! Même si c’est une réponse tellement “cliché” 😉

Et on a du pain sur la planche pour y arriver… Je suis tellement plongée au quotidien dans l’éducation bienveillante que j’en oublie parfois la triste réalité.

Celle où plus de 85% des parents français trouvent normal de frapper leur enfant.

Celle où l’on trouve normal de dire à son enfant “tu es méchant”, “file dans ta chambre, je ne veux plus te voir”.

Celle où le corps enseignant, à qui l’on confie nos trésors, n’a pas appris comment fonctionne le cerveau d’un enfant.

Et la liste pourrait être très longue… Trop longue 🙁

Alors, bien sûr, tu me diras peut-être qu’il y a des tas d’initiatives positives, une vraie prise de conscience de la part des parents, instituteurs, éducateurs… Les choses bougent, les mentalités évoluent. On trouve aujourd’hui de nombreux livres sur le sujet et les découvertes des neurosciences affectives et sociales sont vulgarisées pour que chacun puisse en retenir quelque chose de concret, à mettre facilement en pratique. J’en suis bien consciente! Je baigne dans ces bonnes ondes et c’est ce qui me tient debout, me donne de l’espoir, m’aide à garder le cap.

oceanMalgré cela, je suis parfois tout simplement découragée. J’ai l’impression que toutes ces initiatives, aussi belles et nobles soient-elles, ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan.

C’est difficile d’aller à contre-courant, d’être considérée comme une extra-terrestre parce que l’on a choisi de ne pas punir son enfant, de ne pas se justifier, de ne pas céder à la pression sociale. Ce serait tellement plus facile de faire comme tout le monde! De faire comme j’ai appris, sans me poser de questions. Mais je cherche rarement la facilité, va savoir pourquoi…? Depuis que j’ai ouvert mon premier bouquin sur la parentalité positive, je ne peux plus faire marche arrière. Je ne serais plus en accord avec moi-même. Ne me comprends pas mal. Je ne suis pas en train de dire que je fais tout parfaitement… loin de là! Si tu me lis régulièrement, tu sais combien je travaille à devenir une personne meilleure, pour moi-même d’abord, et ensuite pour mon entourage, dont ma fille fait partie.

Déscolariser, est-ce la solution?

En allant chercher ma fille à l’école il y a quelques jours, l’institutrice m’informe qu’elle a mordu plusieurs fois ses petits camarades de classe cette semaine. Elle précise, pour me rassurer, qu’on lui a bien expliqué qu’il ne fallait pas faire ça. Le psychomotricien est même venu à la rescousse pour le lui expliquer. Ils étaient sûrement remplis de bonnes intentions, mais comment s’y sont-ils pris? N’ont-ils pas eu des mots et des gestes humiliants vis-à-vis de ma fille? Connaissent-ils le fonctionnement du cerveau de l’enfant? Savent-ils qu’une simple menace va lui faire sécréter du cortisol, l’hormone du stress, nuisible à son développement cérébral? Est-ce que ce genre d’information cruciale pour des personnes en contact constant avec nos enfants leur a été donnée? D’autant plus qu’entre 2 et 3 ans, le cerveau est en pleine maturation et en proie à de nombreuses tempêtes émotionnelles. C’est précisément pendant cette période qu’ils ont besoin d’apprendre à gérer leurs émotions, ce qui leur sera bénéfique pour toute la vie!  Tout ceci, je l’ignorais complètement avant de m’intéresser à l’éducation bienveillante. Et pourtant, c’est une information capitale que tout le monde devrait connaître.

Mon questionnement est-il légitime ou est-ce de la surprotection? Je me pose la question.  Est-ce que je devrais la déscolariser, comme le font de plus en plus de parents adeptes de la parentalité positive qui, eux aussi, ont vu les failles du système scolaire et ont décidé de ne pas infliger cela à leurs enfants? Est-ce la solution?  Pourquoi devrait-on choisir? Pourquoi ne vivons-nous pas dans un monde bienveillant, où l’on apprend dès notre plus jeune âge à s’aimer, à se respecter, à s’entraider? Au lieu de cela, on se tire dans les pattes, on apprend à l’enfant qu’il doit se sentir mal lorsqu’il a fait une bêtise, on récompense les “meilleurs”, ceux qui sont sages et attentifs. Dans la classe de ma fille, il y a une mascotte. C’est une peluche en forme de crabe qui se prénomme Edgar. Cette mascotte, qui reste en classe pendant la semaine, passe le weekend chez un élève, à tour de rôle. Une fois que ce tour sera terminé, Edgar pourra revenir passer le weekend chez l’enfant le plus méritant. Mais qu’est-ce que “méritant” signifie, au fond? Est-ce celui qui aura le mieux respecté les consignes imposées par Madame, qui aura le mieux appris à étouffer qui il est pour faire plaisir à l’autre?  Est-ce cela, être “méritant”? Je m’interroge.

Après cette brève discussion sur le mauvais comportement de ma fille, et comme si cela ne me suffisait pas pour la journée,  j’apprends que depuis qu’elle est rentrée à l’école, elle ne parle pas. Son institutrice la définit comme discrète et timide, alors qu’à la maison, c’est un vrai moulin à paroles. Simple timidité ou pas? Y aurait-il une autre raison qui m’échappe?  Sur le chemin du retour, alors que ma fille s’est rapidement endormie, mille questions tournent dans ma tête. Les larmes commencent à couler. Je ne sais pas si tu as déjà pleuré en voiture, mais ce n’est pas ce qu’il y a de plus pratique pour conduire 😉 Bref, je me demande pourquoi l’on nous casse dès notre plus jeune âge? Au lieu de nous encourager, de nous aider à prendre notre envol, à avoir confiance en nous. C’est tout l’inverse qui se produit. J’ai moi-même était cassée et j’en paie encore les conséquences aujourd’hui. J’ai commencé un parcours thérapeutique il y a plus de 15 ans, et je me dépatouille encore avec mon manque d’estime de moi, ma conviction que je n’ai rien à apporter aux autres, mon perfectionnisme à la con… Heureusement, j’ai énormément progressé. Mais je me dis que tout cela aurait peut-être pu être évité, si j’avais été construite et non détruite.

Je fais ma part

colibriComme je ne veux surtout pas que cela se reproduise avec ma fille, j’ai décidé de me lancer dans l’aventure de l’éducation bienveillante. C’est une aventure qui me passionne et c’est la raison pour laquelle ce blog existe. Je découvre que j’ai la possibilité d’aider ma fille à se construire. Je désapprends chaque jour, pour apprendre à nouveau comment bien gérer une crise, comment l’aider à gérer ses émotions, à grandir en s’épanouissant et en ayant confiance en elle. Car bien sûr, tout cela est loin d’être inné. En d’autres termes, j’ai décidé de faire ma part, à l’image du colibri. Connais-tu cette légende amérindienne? Voici comment Pierre Rabhi nous la raconte: Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! Et le colibri lui répondit : “Je le sais, mais je fais ma part.”

Je ne peux pas tout contrôler, je ne peux pas la protéger de tout et je dois apprendre, avec humilité, à la laisser faire ses expériences. La déscolarisation n’est pas envisageable dans notre famille, en tout cas à court terme. Tout ce que je peux faire, c’est lui donner les ressources et les outils qui l’aideront à grandir dans ce monde. Et m’informer, encore et encore, pour l’aider à y arriver!

Et toi, connais-tu le fonctionnement du cerveau de ton enfant? Va-t-il à l’école ou es-tu adepte de l’école à la maison? Comment gères-tu tes frustrations? Ou peut-être que tu n’en as pas? Si tel est le cas, partage-moi ton secret!! 😉

Avant de terminer, je tiens à préciser que cet article n’est en aucun cas une critique envers toutes ces personnes qui se dévouent corps et âme pour que nos enfants passent de bonnes journées à l’école, apprennent en s’amusant, se défoulent, développent leur créativité… Je suis même certaine que l’institutrice de ma fille fait du mieux qu’elle peut avec ce qu’elle a reçu, appris, étudié! C’est un métier que je ne pourrais pas exercer, et rien que pour cela, je dis “r-e-s-p-e-c-t”! Ce que je remets en question est bien plus profond. Selon moi, c’est tout le système éducatif qui est à revoir! Mais ça, c’est une autre histoire…

Merci de m’avoir lue et n’oublie pas que les parents parfaits n’ont pas d’enfant!

Ludivine

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