Pourquoi se tourner vers l’éducation bienveillante?

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Pas besoin d’être parent pour se rendre compte que les enfants d’hier n’ont plus rien à voir avec ceux d’aujourd’hui. Qui ne s’est pas dit, en voyant agir un enfant avec impertinence, “de mon temps, les enfants n’auraient jamais osé faire ça”?

Mais que s’est-il donc passé? Leur changement de comportement trouverait-il une explication dans l’abus d’écrans, de jeux vidéos ou encore dans le développement de l’activité professionnelle des mamans? Ce sont des faits indéniables mais suffisent-ils à expliquer les défis que nous rencontrons dans l’éducation de nos enfants?

Pour répondre à ces questions que je me suis posées lorsque j’étais enceinte de ma fille Liliah, j’ai lu plusieurs bouquins sur l’éducation bienveillante, à la recherche d’une méthode éducative adaptée à mon époque. Un livre qui m’a beaucoup appris est “la Discipline positive” de Jane Nelsen. Comme je l’ai trouvé assez complet et accessible, j’ai eu envie de le résumer, chapitre par chapitre.

Discipline positive

L’approche positive

Je commence donc par le commencement, à savoir le 1er chapitre, qui s’intitule “L’approche positive”. Pour répondre à la question posée plus haut sur le changement de comportement des enfants d’aujourd’hui, Rudolf Dreikurs, psychiatre autrichien, nous propose une explication basée sur 2 faits:

  • Les adultes ne sont plus pour les enfants des exemples de soumission et d’obéissance. En effet, les modèles d’autorité sont aujourd’hui en mutation. Avant, rares étaient ceux qui osaient remettre en question les décisions du père. Et depuis que le père a perdu le contrôle sur la mère, celle-ci a cessé d’être un modèle de soumission pour leurs enfants. Les enfants ne font que suivre les exemples qu’ils observent autour d’eux et souhaitent, eux aussi, être traités avec respect et dignité.
  • Nous n’avons plus besoin que les enfants contribuent économiquement à notre survie. Par conséquent, société de consommation oblige, nous avons tendance à leur donner trop, ce qui les conduit à se comporter comme si tout leur était dû. Ils ne doivent fournir aucun effort, ce qui les prive de développer une confiance solide dans leurs capacités, de sentir qu’ils ont une place et peuvent apporter une contribution significative, utile et responsable.

Ni autoritaire, ni permissif

C’est ce que la Discipline Positive promeut. Allier fermeté et bienveillance, c’est à dire décider ensemble des règles qui seront bénéfiques pour tous, se mettre d’accord sur des solutions qui aideront chacun lorsque nous rencontrerons un problème. En cas de décision du parent seul, elle sera prise avec bienveillance et fermeté, dignité et respect.

La bienveillance témoigne du respect du monde de l’enfant. Etre bienveillant avec son enfant peut signifier valider le ressenti attaché à son comportement, en disant par exemple: Je vois que tu es déçu, en colère, contrarié,…

La fermeté, elle, représente le respect de soi-même, c’est à dire du monde de l’adulte, et répond aux besoins spécifiques de la situation. Pour beaucoup, être ferme équivaut à punir, faire la leçon ou encore exercer une forme de contrôle. Mais c’est faux! La fermeté, conjuguée à la bienveillance, implique le respect de l’adulte, de la situation et de l’enfant.

Les méthodes autoritaires manquent généralement de bienveillance alors que les méthodes permissives manquent de fermeté. Et c’est tout un programme que de combiner les deux 😉 Mais, rassure-toi, ça s’apprend.

Attention à ce qui marche

Enfant fâchéAbordons maintenant le thème de la punition. Ce n’est pas qu’elle ne marche pas, au contraire, elle met souvent un terme immédiat au comportement inapproprié de l’enfant. Mais cette solution n’est pas efficace sur le long terme. Lorsqu’il est puni, l’enfant sera soit dans la rancoeur, la revanche, la rébellion ou dans le retrait. D’où nous vient cette idée que pour qu’un enfant se conduise mieux, il faut d’abord qu’il se sente dévalorisé? Pour mieux le réaliser, souvenons-nous de la dernière fois où quelqu’un a essayé de nous motiver en essayant d’abord de nous rabaisser. Cela n’a sûrement pas fonctionné, et c’est normal. Les enfants sont pareils. Ils ne développent pas les compétences positives fondées sur les ressentis et les décisions inconscientes résultant de punitions.

Mais alors, quelle voie choisir?

Le but de la Discipline Positive est d’obtenir des résultats positifs à long terme et de développer sans attendre autonomie et coopération. La punition résulte d’une évaluation extérieure à l’enfant et ne lui permet pas de développer un référentiel interne solide qui construira son estime personnelle. La Discipline Positive est centrée sur l’importance de:

  • Connecter avant de corriger: de très nombreuses études ont montré qu’il n’est pas vraiment possible d’influencer les enfants d’une façon positive sans avoir au préalable établi un lien avec eux. Cette connexion s’établit lorsque l’adulte prend le temps de centrer toute son attention sur l’enfant et qu’il valide ce que celui-ci ressent.
  • Impliquer l’enfant dans la recherche de solutions (en remplacement de la punition): intervenir systématiquement, réparer et surprotéger l’enfant ne sont pas forcément des moyens qui permettent d’enseigner ce que l’on souhaite transmettre à l’enfant. S’il se sent impliqué, il partagera un sentiment d’importance et d’appartenance nécessaire pour se centrer sur les solutions possibles, une fois le calme revenu.

Petit exercice pratique

Pour apprendre à ma fille à avoir un référentiel interne qui l’aide à construire son estime personnelle, je te partage un petit truc que j’ai appris et qui est vraiment facile à appliquer au quotidien: plutôt que de lui dire “je suis fière de toi” lorsqu’elle réussit à faire quelque chose (pour l’instant, à faire pipi sur le pot), je lui dis “tu peux être fière de toi”. La nuance est subtile mais a toute son importance. Bien entendu, je lui dis parfois aussi que je suis fière d’elle, car elle a aussi besoin de l’entendre. 🙂

Pour conclure

Pour terminer, je te soumets une belle définition de la parentalité positive, écrite par Catherine Dumonteil-Kremer

Une parentalité centrée sur la joie de vivre, le plaisir d’être ensemble, les besoins de chacun, le soutien sur le chemin de soi. Cette forme de parentalité demande de la vigilance, un travail de prise de conscience de nos blessures d’enfant pour éviter ainsi toute violence physique et psychologique, même considérée comme légère. Ce qui signifie entre autre: sans coups, menaces, punitions, sanctions, isolement, ou immobilisation, etc. Le concept de parentalité positive est en évolution permanente, il dépend de  prises de conscience qui se font de plus en plus claires, et demandera sûrement des précisions supplémentaires à l’avenir.

A méditer… 🙂

La semaine prochaine, je résumerai le chapitre 2 du livre: Principes adlériens, les fondements de la Discipline positive.

Et n’oublie pas, les parents parfaits n’ont pas d’enfants!

Ludivine

 

Source: La Discipline Positive, de Jane Nelsen

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2 thoughts on “Pourquoi se tourner vers l’éducation bienveillante?

    1. Merci pour tes encouragements Laurence! J’espère vraiment que cela donnera envie à beaucoup de personnes de se tourner vers l’éducation bienveillante 🙂

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