Notre personnalité influence notre enfant

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Le livre de la Discipline Positive, que j’ai résumé avec toi au fil des semaines, s’est focalisé sur l’analyse des comportements de l’enfant. Mais ce chapitre est un peu différent. En effet, il nous parle du parent, de sa personnalité et de la manière dont celle-ci va influencer notre enfant. Alors, prêt pour une petite séance d’introspection? 😉

introspection

Selon la psychologue adlérienne Nira Kefir, il existe 4 styles de fonctionnement universels, qui sont:

  • le confort
  • le contrôle
  • l’envie de faire plaisir
  • la supériorité (sentiment d’importance)

Nous avons tous développé notre style de prédilection, sur base de notre vécu et de nos expériences. Depuis notre tendre enfance, nous avons construit notre propre personnalité, nos croyances et notre logique interne. Un style reflète ce qui est prioritaire dans nos prises de décision. Il n’est ni bon ni mauvais, il ne nous définit pas mais indique ce que nous mettons en place pour éviter nos peurs et développer notre sentiment d’appartenance et d’importance dans la vie. Chaque style a donc ses forces et ses faiblesses et le savoir nous aidera à l’utiliser à bon escient, tout simplement.

Dans cet article, tu vas découvrir ton style, et voir dans quelle mesure tes décisions et comportements affectent la personnalité de ton enfant. Souvent, dans un couple, chaque parent a un style de fonctionnement différent et l’enfant en est bien conscient, évidemment! Sinon, ce ne serait pas drôle 😉 Il va tester les limites différemment chez toi et chez ton conjoint. Tu l’as déjà sûrement remarqué?

La réaction de l’enfant à notre style de fonctionnement

En fait, nous utilisons 2 styles sur les 4: le premier, que l’on appelle notre carte dominante, nous l’utilisons en situation de stress (urgence, crise, conflit). L’autre, nous l’utilisons au quotidien, c’est notre fonctionnement ‘normal’, lorsque tout va bien et qu’aucune menace ne pointe à l’horizon. On parle de 2ème carte.

La carte “contrôle”

Pour se sentir en sécurité, l’adulte qui joue cette carte a besoin de maîtriser la situation et se sentir en contrôle de ses émotions. Pourquoi? Parce que, de manière générale, il supporte moins bien la critique que les autres (pour diverses raisons comme le manque de confiance en soi par exemple) et en contrôlant pour que tout soit “parfait”, il évite cette souffrance. L’enfant d’un parent qui joue la carte contrôle se sent étouffé et va réagir en s’opposant ou en étant dans le retrait (soumission passive).

La carte “supériorité”

Un adulte qui a ce style de fonctionnement est persuadé qu’il ne sera à la hauteur que s’il excelle dans son domaine. Il cherche constamment à se dépasser, il a besoin d’avoir raison pour se sentir utile. Dans ce cas, l’enfant aura le sentiment de ne pas être capable, d’être incompétent. A terme, il risque de se dévaloriser et se désengager. Il peut aussi tout donner pour exceller, quitte à perdre la certitude d’être aimé.

La carte “confort”

L’adulte qui fonctionne avec la carte “confort” va éliminer toute source de stress et de conflit, ce qui peut amener l’enfant à être très exigeant, jusqu’à devenir un enfant gâté par exemple. En éliminant toute contrariété, l’enfant aura l’impression qu’il n’a pas de limite et ne développera pas sa responsabilité sociale.

La carte “faire plaisir”

S’il se sent en insécurité, l’adulte “fait plaisir” fera tout ce qui est en son pouvoir pour se faire apprécier et accepter des autres. Cela pourra soit agacer l’enfant, soit lui donner envie d’en tirer profit. Le risque avec ce type de comportement, c’est que l’enfant peut finir par croire qu’il n’appartient que quand l’adulte s’occupe de lui et répond à tous ses désirs.

Cette rapide analyse de chaque carte nous permet de comprendre que lorsque l’on agit sous stress, on adopte des comportements qui provoquent l’effet contraire à ce qui est recherché. C’est un peu comme les objectifs-mirage chez l’enfant. On pourrait parler ici de priorités-mirage. Nous voulons seulement appartenir, mais utilisons les moyens inappropriés pour le faire. En avoir conscience nous permet d’être plus efficace dans notre rapport à l’autre, et en particulier à notre enfant.

Quel est ton style?

Le style de chacun se construit dans la toute petite enfance, entre 0 et 3 ans. Nous avons tiré des conclusions, de manière totalement inconsciente, et adopté un comportement pour que notre parent nous aime (faire plaisir), s’occupe de nous (confort), ne nous humilie pas (contrôle) ou encore pour qu’il nous considère (supériorité). Trouver notre style personnel nous permet de prendre du recul sur les perceptions, ressentis, croyances et décisions afin d’y apporter les modifications nécessaires. De plus, cela nous permet d’être plus attentif au style de fonctionnement en devenir de notre enfant et de mieux comprendre sa réaction lorsqu’il se sent fatigué ou vulnérable.

Si tu n’as pas encore repéré ton style, voici un exercice qui pourrait t’y aider:

Après une journée difficile, le facteur t’apporte 4 colis :

« rejet & abandon »

« stress & souffrance émotionnelle»

« critique & humiliation »

« inutilité & insignifiance »

Il te propose d’en reprendre 2 : lesquels choisis-tu? Ne réfléchis pas trop et laisse parler l’intensité de ton ressenti.

Bien sûr, tu n’as envie d’en garder aucun! Sauf si tu es un peu masochiste sur les bords… 😉 Mais celui que tu refuses catégoriquement détermine ta carte dominante, et ton 2ème refus correspond à ta 2ème carte.

Alors, si tu veux éviter le rejet et l’abandon, c’est que ta carte dominante est faire plaisir. Si tu veux éviter stress et souffrance émotionnelle, ta carte dominante est le confort. Si tu veux éviter les critiques et l’humiliation, ta carte dominante est le contrôle. Et enfin, si tu veux éviter l’inutilité et l’insignifiance, ta carte dominante est la supériorité.

Ta carte dominante influence ton style de parentalité

ParentalitéMaintenant que tu as repéré ta carte dominante, et avant que dame culpabilité ne s’invite au programme, voyons le côté positif de cette découverte: tu es acteur de ce que tu as envie de transmettre à ta progéniture, tu as une meilleure analyse de tes comportements et tu as la possibilité de les modifier en toute conscience. Bon, ça ne va pas se faire du jour au lendemain, mais c’est déjà un grand pas, tu ne trouves pas?

Parlons maintenant des côtés positifs de chaque carte, ainsi que des pistes d’amélioration.

La carte “contrôle”

Tu donnes à ton enfant le sens de l’organisation, le respect de l’ordre et des règles. Tu lui apprends aussi la détermination et l’assertivité. Pas mal, non ? N’oublie pas qu’un contrôle excessif provoque de la résistance alors pense à lâcher la bride de temps en temps et à travailler sur ta flexibilité.

La carte “supériorité”

Avec un modèle comme toi, ton enfant sera motivé à se dépasser, à s’améliorer, bref à donner le meilleur de lui-même. Mais cette recherche de perfection peut, à la longue, être décourageante et donner le sentiment que ce n’est jamais assez bien pour le parent. Sois attentif aux joies du processus d’apprentissage et n’oublie pas d’enseigner à ton enfant que nos erreurs nous apprennent beaucoup sur nous-mêmes.

La carte “confort”

Pas de doute, tu profites de la vie et apprécies tous ses bons côtés! Tu rends le quotidien de ton enfant confortable et tu sais comment lui faire plaisir! Attention toutefois à ne être trop permissif et à ne pas trop le gâter. Pense à l’impliquer dans la mise en place de règles, de rituels et à fixer avec lui des objectifs.

La carte “faire plaisir”

Tu transmets à ton enfant les notions de considération et d’empathie. En t’observant, il apprend à se comporter sans agressivité, à trouver des situations gagnant-gagnant et se porte facilement volontaire. Mais, poussé à l’excès, ton ‘fait plaisir’ se transforme en un ressentiment de ne pas être apprécié ou reconnu à ta juste valeur. Ton enfant peut aussi se sentir redevable envers toutes les faveurs que tu lui accordes. N’essaie pas d’avoir tout le temps raison et pense à entrer dans le monde de ton enfant.

Maintenant que tu es conscient des différentes priorités et que tu connais les forces et faiblesses de ton style de fonctionnement, tu vas pouvoir travailler sur les pistes d’amélioration pour le peaufiner 🙂 Personnellement je joue avec la carte contrôle en situation de stress et la carte supériorité le reste du temps. Et d’après mon analyse, mon conjoint joue avec les 2 autres cartes. C’est apparemment assez courant de choisir un partenaire qui a un style opposé au nôtre. C’est ce qui nous attire chez l’autre et qui, au fil des années, peut aussi nous irriter 😉 En être consciente me permet d’être vigilante et d’intégrer dans mon style d’éducation un peu plus de flexibilité et de lui apprendre à voir le côté positif des erreurs et des échecs. Bref, je dois penser à arrondir les angles de mon cadre, si tu vois ce que je veux dire. Et toi, as-tu repéré ta carte dominante et ta 2ème carte? Comment comptes-tu travailler tes pistes d’amélioration?

 

Porte-toi bien et n’oublie pas que les parents parfaits n’ont pas d’enfants 😉

Ludivine

Source: la Discipline Positive, de Jane Nelsen

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