On ne naît pas parent, on le devient!

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Toutes les bonnes choses ont une fin et il en va de même pour le résumé des chapitres du livre “La Discipline Positive” de Jane Nelsen. Toi non plus, tu n’as pas vu le temps passer? Quoi qu’il en soit, cette expérience m’a permis de redécouvrir le livre, de l’approfondir et de me remémorer certains outils dont je n’avais plus souvenir. C’est le premier livre que j’ai lu sur l’éducation bienveillante, pendant ma grossesse, et je constate qu’il reste un livre-repère car il propose un chemin éducatif qui allie fermeté et bienveillance. C’est la première fois que j’entendais parler de bienveillance dans l’éducation et cela a été pour moi une révolution!

Depuis cette première lecture, j’ai cheminé, j’ai continué à découvrir l’éducation bienveillante, par d’autres lectures, par des conférences, des formations et de là est née une véritable passion! Il ne se passe pas une journée sans que je lise une citation, un article, que je regarde une vidéo ou encore ajoute un livre à lire à mon interminable liste 😉

Trouver le bon dosage

Qui dit “fermeté et bienveillance” dit “cadre et limites”. La fermeté permet de poser le cadre, d’établir des limites claires qui conviennent à chacun, et la bienveillance, c’est le respect du monde de l’enfant et de l’adulte. Lorsque l’on donne un cadre trop large, l’enfant s’y perd. En revanche, dans un cadre trop serré, l’enfant ne peut pas s’épanouir. Tout est une question de dosage, que chaque famille doit apprendre à trouver. Et comment le trouve t-on? En essayant 😉

Voici comment l’on pourrait représenter les 4 bords du cadre:

cadre

  • Les interdits : ce sont des règles imposées, que l’on ne peut pas changer.  Bien souvent, elles concernent la sécurité et le vivre-ensemble. Par exemple, on ne traverse pas quand le feu pour les piétons est rouge.
  • Le non-négociable : ces règles sont propres à chaque famille, selon les valeurs qui lui sont essentielles. Dans notre famille, personne ne se frappe. Ou encore, chez nous, on ne saute pas sur le canapé, on se lave les mains avant de manger…
  • Le négociable : ce sur quoi je suis prêt à lâcher prise de temps en temps, comme par exemple manger des pizzas le dimanche soir, avec les mains! Le négociable nous permet aussi de relativiser, de se demander de temps en temps “est-ce que c’est vraiment important pour moi?” “Que se passera t’il si cette règle n’est pas respectée?” Souvent, on a tendance à reproduire des schémas sans prendre le temps de s’arrêter pour réfléchir sur le sens que l’on donne à la règle en question.
  • L’autorisé : c’est important de montrer aux enfants ce qu’ils ont la possibilité de faire. On passe tellement de temps à leur dire ‘non’! On tourne positivement l’interdit, en redirigeant vers un comportement autorisé. Pour reprendre l’exemple du canapé, on pourrait dire: “Tu veux sauter sur le canapé ? Pas à l’intérieur, mais tu peux aller sauter dehors, sur le trampoline.”

Le cadre devra être revu et adapté à mesure que l’enfant grandit. Pas besoin de préciser à un ado de ne pas sauter sur le canapé. Par contre, il faudra certainement fixer des limites quant aux sorties… A chaque âge ses joies et ses plaisirs 😉

Est-ce aidant ou est-ce blessant?

arrosoir

Hasard du calendrier, j’écris cet article au lendemain de la journée internationale des droits de l’enfant. Selon l’OMS, la maltraitance émotionnelle se définit comme tout comportement ou parole qui rabaisse l’enfant, qu’il s’agisse de menaces verbales, d’isolement social, d’intimidation, d’humiliation, mais encore le fait de le terroriser, de l’exposer au danger, à la violence. C’est aussi le rejeter, ne pas répondre à ses besoins. Le sujet des violences éducatives ordinaires et notamment la loi anti-fessée, fait débat! Et pour cause, celle-ci est considérée comme normale pour 85% des parents français (d’après l’Observatoire de la Violence Éducative Ordinaire). Tout cela pour dire que la Discipline Positive nous apprend à nous poser la question “est-ce aidant ou est-ce blessant?” pour toute parole que nous prononçons ou tout comportement que nous avons à l’égard de notre enfant. On peut se demander “est-ce que je parlerais comme cela à un ami?“. Si la réponse est négative, alors pourquoi le faire avec notre enfant? Il mérite notre respect, au moins tout autant que n’importe quelle autre personne.

Lorsqu’un enfant a un comportement inapproprié, apprenons à changer notre regard et à nous poser les bonnes questions. Pourquoi agit-il comme cela? Peut-être qu’un de ses besoins physiologiques n’est pas comblé? Ou alors il a passé une mauvaise journée?  Il voudrait mon attention pour passer un peu de temps avec lui? Et n’oublions pas qu’il ne peut pas gérer ses émotions comme un adulte le ferait. Son cerveau est immature et plus nous l’aiderons à gérer ses émotions, plus il arrivera à le faire seul. Mais c’est un processus qui prend du temps.

Pour autant, ce n’est pas parce que l’on décide d’avoir une attitude respectueuse envers notre enfant que tout est permis. Beaucoup de parents sont réticents à se lancer dans la parentalité positive par crainte d’être laxiste. De plus, l’idée de “faire payer”est profondément ancrée en nous. Nous pensons, à tort, que si l’enfant se sent mal, il se comportera mieux par la suite. Souvent, nous punissons l’enfant pour qu’il fasse mieux. C’est parce qu’on l’aime et que l’on pense qu’il sera plus heureux s’il fait ce que l’on croit bon pour lui. Mais nous venons de le voir plus haut dans cet article: tout est une question de dosage. Il faut définir le cadre et rappeler son existence lorsque c’est nécessaire. Une fois que c’est fait, nous pouvons utiliser les outils qui mèneront à la réparation du comportement inapproprié.

Créer sa propre boîte à outils

Boite à outils

Les outils de Discipline Positive ne sont pas des baguettes magiques qui vont transformer dans la seconde ton bambin en un petit enfant modèle, sage comme une image. Si tel est ton but, tu as frappé à la mauvaise porte. Mais grâce à toutes les astuces que nous avons vues au fil des semaines, nous pouvons nous constituer notre propre boîte à outils, dans laquelle nous ajouterons ce qui nous correspond le mieux, à nous et à notre enfant, en fonction de sa personnalité et de son âge, mais aussi de la créativité de chacun. On peut y mettre tout ce qui nous aide sur le chemin éducatif. Il y a des outils qui fonctionnent pour certains mais pas pour d’autres. Mieux vaut en avoir trop que pas assez, pour pouvoir rebondir en cas d’urgence 😉 ⚒️

Les indispensables

Voici une petite piqûre de rappel des outils-phares de la Discipline Positive:

  • Le temps de pause: c’est un espace de retrait qui permet de retrouver son calme lorsqu’une crise survient. Ce n’est pas un outil punitif visant à isoler l’enfant pour lui ‘faire payer’ pour son mauvais comportement. Au contraire, chaque membre de la famille est invité à prendre un temps de pause, quand c’est nécessaire. En effet, comment pourrions-nous trouver une solution bienveillante en étant hors de soi? Il peut s’agir d’un moment seul dans sa chambre, d’une douche, d’une promenade…pour autant qu’il y ait un autre adulte qui puisse s’occuper de l’enfant, dans le cas où l’adulte prend un temps de pause. Beaucoup de parents ont du mal avec l’idée de “faire plaisir” à l’enfant immédiatement après un comportement inapproprié, mais c’est justement comme cela qu’il sera encouragé et plus disposé à faire mieux! Mais ce n’est en aucun cas un outil permissif, et il est donc indispensable que le temps de pause soit suivi, une fois le calme retrouvé, d’un outil qui permettra la réparation du comportement inapproprié.
  • Faire et non faire faire à l’enfant: c’est l’idée de laisser l’enfant apprendre grâce aux conséquences naturelles ou logiques de ses choix, pour autant qu’il ne se mette pas en danger, ou n’interfère avec le droit des autres. Par exemple, si notre enfant ne veut pas prendre son petit-déjeuner, on le prévient que le repas suivant sera servi à 12h et qu’il n’aura droit à rien d’autre entre temps. L’important est d’annoncer ce que l’on décide de faire et s’y tenir, pour être cohérent. Pour certains parents, cet outil est trop difficile à appliquer, mais c’est aussi pour cela que nous avons une boîte à outils 🙂
  • Impliquer l’enfant: cela lui donne le sentiment d’appartenance et d’importance dont il a besoin pour se construire et développer une bonne estime de soi. L’implication demandée va dépendre de l’âge de l’enfant. Elle peut commencer très tôt. Plutôt que d’habiller un bébé comme une poupée, on peut l’encourager à engager son bras dans la manche ou son pied dans son pantalon. Je me souviens l’avoir fait très tôt avec ma fille, pour la solliciter et lui apprendre qu’elle était capable, dès toute petite, de contribuer, à son niveau. Maintenant qu’elle est plus grande, je lui donne des petites missions, comme de prendre un légume à sa hauteur au magasin, m’aider à ranger les courses dans l’armoire de la cuisine, frotter l’eau renversée par mégarde par terre. A chaque fois, je remarque qu’elle aime se sentir utile et contribuer à la vie de famille.
  • Rechercher des solutions: cette recherche permet de réfléchir ensemble à comment réparer le comportement inapproprié. On voit aussi ensemble ce que l’on pourrait faire différemment, pour que le problème ne se reproduise plus à l’avenir. L’enfant n’est plus soumis à une punition qui lui est imposée, mais devient acteur du changement. Il apprend à faire des choix appropriés et respectueux. S’il est encore petit, on pourra l’aider en lui suggérant plusieurs solutions possibles. Le parent est le gardien de cette recherche de solutions, tournée vers l’avenir, plutôt que vers le passé.
  • Offrir des choix: l’enfant sera beaucoup plus réceptif que si l’on lui impose notre décision. J’utilise beaucoup les choix au quotidien et je constate que cela fonctionne plutôt bien. Je demande à ma fille si elle veut mettre une robe ou un pantalon et là, miracle, elle veut bien enlever son pyjama 😉 J’essaie de lui proposer des choix dans la mesure du possible, pour autant qu’ils me conviennent également. Je ne vais pas lui demander si elle se sent prête à aller se coucher, si le moment d’aller au lit est arrivé, et prendre le risque qu’elle refuse alors qu’il faut qu’elle aille dormir. Par contre, je peux dire “tu veux d’abord te brosser les dents ou te mettre en pyjama?” Si l’enfant refuse les alternatives proposées et fait une autre suggestion qui nous semble acceptable, il n’y a aucun problème. Dans le cas contraire, il faudra rappeler que la suggestion ne fait pas partie des choix proposés: “ton choix est entre ça et ça, et c’est toi qui décides“.
  • Connecter avant de corriger: lorsque ton enfant est submergé par une émotion, connecte-toi à lui pour l’accueillir et pour construire le lien. Rien ne sert de le raisonner à ce moment précis, car il en est incapable. Une fois qu’il aura été rassuré en lui disant par exemple que tu comprends ce qu’il ressent, alors tu pourras le diriger vers la recherche d’une solution appropriée. La connexion peut se faire en se mettant à sa hauteur, en le touchant, en adoptant un ton bienveillant.

Garde bien à l’esprit que tous ces outils ne garantissent pas la perfection, juste davantage d’amour et de joie sur le chemin! 💖

Les mots de la fin

Qui n’a pas rêvé de joie, de paix, d’harmonie, de coopération, de respect mutuel et d’amour au sein de sa famille?  Souvent, nous agissons comme si nous avions oublié que c’est ce que nous souhaitons. On est pris dans le tourbillon de notre quotidien, sous l’emprise du stress, des frustrations, de la colère, des attentes, du jugement… Rappelons-nous que ce qui compte le plus, c’est la manière dont on fait les choses, pas tant ce que l’on fait.

Voici quelques notions à garder constamment à l’esprit:

  • Tout est dans l’attitude et le ton employé
  • Les erreurs sont des opportunités d’apprentissage pour l’enfant comme pour nous-mêmes
  • cheminVois le verre à moitié plein, centre-toi sur le positif
  • Fais confiance à ton enfant
  • Aie le courage d’être imparfait
  • Aie de la compassion pour toi-même
  • Souviens-toi que les répétitions sont nécessaires dans le processus d’acquisition d’une compétence
  • La vie est faite de hauts et de bas, de jours “avec” et de jours “sans”
  • La persévérance est la clé
  • Et surtout, exprime ton amour inconditionnel parce que l’on fait mieux quand on se sent mieux

Voilà, tout ce que j’avais à te partager sur le livre de la Discipline Positive est là. J’espère que tu as pu y trouver des outils, trucs et astuces qui te correspondent. N’hésite pas à me partager tes expériences, ton cheminement, tes galères… en commentaire.

Bonne route et à très vite pour de nouvelles aventures!

Et n’oublie pas, les parents parfaits n’ont pas d’enfants 😉

Ludivine

Source: la Discipline Positive, de Jane Nelsen

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