Les mythes de l’éducation bienveillante

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Dans cet article, je vais te parler des 3 mythes principaux que l’on entend régulièrement à propos de l’éducation bienveillante. Comme tu le sais, il me tient particulièrement à cœur de semer de la bienveillance dans les familles, pour que les consciences s’éveillent et les mentalités changent. Cela demande du temps, de la patience mais aussi du travail pour trouver des preuves évidentes et factuelles qui rassureront les plus cartésiens d’entre nous.  Bonne nouvelle: les neurosciences sont de notre côté 🙂 En effet, de plus en plus d’études montrent que les attitudes positives et bienveillantes envers notre enfant permettent à son cerveau de bien se développer, tandis que des attitudes dévalorisantes et humiliantes altèrent son développement.

Mais l’éducation bienveillante n’a pas que des adeptes, loin de là ! C’est pourquoi l’analyse des mythes principaux liés à la parentalité positive permet de se renseigner sur le sujet afin d’approfondir nos connaissances, de mieux cerner nos détracteurs, de comprendre leur position, de se remettre en question et surtout, de se rappeler la raison pour laquelle nous avons choisi de délaisser l’éducation dite ‘traditionnelle’ pour s’aventurer dans le chemin de l’éducation bienveillante.

Alors, je te propose de lister ces 3 mythes et de les déconstruire ensemble, de manière bienveillante ❤ Commençons par le plus répandu, selon moi, qui veut qu’un parent bienveillant soit un parent laxiste.

Mythe 1 : Education bienveillante = laxisme

enfant roi

L’éducation bienveillante est souvent associée au laxisme. Je peux comprendre cette remarque, qui au fond, cache une peur que je partageais lorsque je ne connaissais pas encore bien ce type d’éducation. Je suis de nature plutôt carrée et j’aime quand les choses roulent. Disons que je mets facilement le cadre et mon défi à moi est d’arrondir les angles, de veiller à ce que les limites que je donne à mon enfant ne soient pas trop étouffantes, au risque de l’empêcher de vivre sa vie d’enfant. J’avais donc peur, en m’intéressant à la parentalité positive, de basculer du côté obscur de la force et de me transformer en parent laxiste.😱 Mais j’ai très vite été rassurée, par mes lectures et découvertes sur le sujet. En effet, bien que l’on prône une éducation sans punition, menace ou encore chantage, cela ne se fait pas sans y mettre des limites. Elles sont importantes et même primordiales, pour le bon développement de l’enfant, qui cherche les limites, non pour agacer son parent ou lui rendre la vie dure, mais simplement parce que celles-ci sont sécurisantes. Nous sommes donc bien dans une éducation positive et non permissive.

La parentalité positive est un savant dosage entre cadre et flexibilité, entre fermeté et bienveillance, comme nous le dit Jane Nelsen dans son livre la Discipline Positive. Il ne s’agit pas de laisser l’enfant décider de tout par lui-même, comme nous le font croire les préjugés. Celui que l’on surnomme l’enfant-roi a des parents laxistes qui cèdent à tout car ils n’ont ni la force ni l’envie de lutter. Ils en arrivent à ne plus oser lui dire ‘non’ de peur qu’il ne soit frustré et pique une colère.

Prenons l’exemple d’un enfant qui refuse de prendre son bain. On pourrait facilement imaginer qu’un parent laxiste, n’ayant pas envie de se compliquer la vie, dirait “bon d’accord, tu le prendras demain, ton bain.” En revanche, un parent bienveillant va être à l’écoute de son enfant, essayer de comprendre les raisons de son refus, trouver des solutions qui conviennent aux deux parties. Cela demande une certaine flexibilité, de la créativité et une considération du bien-être de l’enfant tout autant que celui du parent. On pourrait lui proposer, si nous avons de la marge sur le planning et que nous voyons que notre enfant est absorbé par son jeu, de prendre son bain un peu plus tard, après le repas, par exemple. Il ne faut pas oublier que les enfants vivent dans le moment présent et n’ont pas de notion claire du temps avant 6 ans. Lui dire “tu vas prendre ton bain dans 5 minutes” est du chinois pour lui. Par contre, un sablier est un excellent outil pour l’aider à visualiser le temps qu’il lui reste.

Si le parent bienveillant n’est pas laxiste, qu’est-il alors?

Etre un parent bienveillant, c’est, entre autre, respecter son enfant, l’encourager, l’écouter.  C’est choisir de lui faire respecter les règles, les limites – propres à chaque famille – de façon douce et même parfois ludique, plutôt que de les lui imposer de manière autoritaire ou de ne lui en imposer aucune. C’est encore être dans la coopération plutôt que dans la lutte de pouvoir ou dans la résignation. Au lieu de se battre pour qu’il range sa chambre, ou de ne même plus chercher à ce qu’il la range, pourquoi ne pas le faire sous forme de jeu ? Un concours de rangement, montre (ou smartphone) en main, par exemple, sera bien plus efficace que de lui donner un ordre qu’il ne comprend pas. Comme nous l’avons dit plus haut, la bienveillance n’est pas exempte de règles. Mais celles qui sont établies ont du sens et sont constructives pour l’enfant.

« Le fait de remplacer les injonctions par de la coopération, les cris par un dialogue, les punitions par la réparation de bêtise, contribue à réduire les conflits, à apaiser le quotidien. Il y a moins de jeux de pouvoirs et du coup, l’enfant a un comportement moins transgressif », affirme Isabelle Filliozat.

education bienveillante laxisme

Illustration de Fanny Vella

Mythe 2 : Education bienveillante = enfant et parent parfaits

famille parfaiteLe deuxième mythe qui entoure l’éducation bienveillante est qu’il s’agit d’une méthode miracle pour une éducation sans conflit qui entraîne le parent dans une course à la perfection.

Il est vrai que certains auteurs de livres et certains blogueurs sur la parentalité positive nous donnent l’impression d’avoir oublié la réalité des parents qui ont un quotidien disons … mouvementé. Ils nous inondent de conseils qui ne sont pas adaptés à la réalité, qui nous donnent l’impression de ne pas être à la hauteur ou pire, qui nous font culpabiliser !

Mais en réalité, l’éducation bienveillante n’est rien de tout cela ! Faire disparaître les problèmes n’est pas l’objectif principal. Ce serait complètement irréaliste ! Même si nous nous appliquons à faire comprendre à notre enfant ce qui est bon et mauvais pour lui, il risque fort bien d’être en désaccord avec nous et de nous le faire savoir. Rien de plus normal, non ? On n’arrivera pas toujours à éviter la crise, mais elle ne remettra pas en cause notre rôle de parent ni notre enfant.

Le but n’est pas non plus de devenir un parent parfait, qui fait toujours ce qu’il convient pour son enfant. Simplement parce que nous sommes des humains, pas des robots ! De plus, cela pourrait être culpabilisant pour un enfant de voir que son parent ne commet jamais aucune erreur. Nous voir craquer, nous tromper, avoir du mal à gérer nos émotions, tout cela le rassure. Quand je dis à ma fille “maman s’est trompée, maman te demande pardon“, je l’aide à réaliser que l’erreur est humaine, que je suis une personne “normale” et je lui donne, par conséquent, le droit de faire ses propres erreurs.

famille heureuse

Ce qui est important dans l’éducation bienveillante, c’est d’être heureux, pas de devenir parfait. Que chacun trouve sa place, tende vers son épanouissement, que la vie de famille ne soit plus un enfer mais que nous soyons outillés pour aider chacun à mieux vivre sa vie. Nous savons à quel point il est difficile d’être parent. C’est pour cette raison que nous cherchons des outils, des astuces, des conseils pertinents et constructifs. Parce que nous voulons le meilleur pour notre enfant. Je rêve d’un monde où chaque parent aurait autant de livres d’éducation que de livres de recettes. Car non, la cuisine n’est pas plus importante que le métier de parent !

J’espère que tu ne seras pas trop déçu d’apprendre qu’il n’y a pas de baguette magique pour rendre ton enfant “sage comme une image” en toutes circonstances. Et ce n’est certainement pas ce qu’un parent bienveillant voudrait.

L’idéal de l’éducation bienveillante n’est pas la perfection

Nous l’avons bien compris, le parent bienveillant ne cherche pas à devenir un parent parfait. Ouf, quel soulagement ! En revanche, il cherche à atteindre un idéal, celui de ne pas crier, ne pas punir, ne pas utiliser de violences éducatives, ne pas user de menaces ni d’avoir recours au chantage. L’idéal est différent de la perfection, en ce sens qu’il n’est pas figé, il n’est pas un poids qui pèse sur nos épaules. Au contraire, il nous tire vers le haut, nous encourage à faire mieux la fois suivante. C’est un cheminement qui ne s’arrête jamais. On désapprend pour apprendre à être empathique, dans une relation horizontale avec notre enfant, d’égal à égal. En d’autres termes, on apprend à vivre avec son enfant, pas à le dresser. Une phrase toute simple qui résonne beaucoup en moi est “l’enfant est une personne“. Ce n’est pas parce que je suis la maman de ma fille que j’ai tous les droits sur elle. J’ai choisi d’avoir un enfant, non pour qu’elle m’appartienne, mais pour l’éduquer, afin qu’un jour, elle vole de ses propres ailes. Connais-tu un parent, le plus bienveillant soit-il, qui ne craque jamais ? Personnellement, je n’en connais pas. Par contre, je connais des parents formidables qui font de leur mieux, jour après jour, qui cheminent en conscience pour devenir de meilleures versions d’eux-mêmes, à la fois pour eux et pour leur enfant. Ces personnes sont des modèles !

Mythe 3 : Education bienveillante = enfant pas préparé pour le monde “réel”

réalitéSouvent, j’entends dire que “c’est bien beau d’élever l’enfant dans la bienveillance, mais sera-t-il assez armé pour affronter le monde réel ? Comment va-t-il gérer la relation verticale entre le professeur et lui, ou plus tard, les ordres reçus par son patron ? 

Ces questions sont légitimes et témoignent d’un souci de protection de notre enfant, que l’on veut préparé au mieux pour le monde futur. La crainte des parents est d’avoir un enfant déphasé, vivant dans un monde de bisounours, qui tôt ou tard se heurtera violemment à la “vie réelle”. Toutefois, je crois que le monde de demain, celui de nos enfants, ne sera pas le nôtre. Rien qu’en voyant la vitesse à laquelle la technologie se développe, je suis convaincue que nous serons bien loin de notre réalité actuelle quand notre enfant sera adulte.

Il ne faut pas être un grand savant pour observer que la société dans laquelle nous vivons est en mutation. De nombreuses personnes choisissent de se réorienter professionnellement pour donner un sens à leur vie, d’autres quittent leur style de vie consumériste pour revenir à une vie plus proche de la nature. On se tourne vers une alimentation plus saine, on privilégie le local, le zéro-déchet, on réduit sa consommation. De nombreux parents se posent des questions sur le futur de leur enfant, et s’activent pour lui laisser une planète en bonne santé. Bien sûr, ils ne représentent pas la majorité. Il s’agit d’un petit mouvement, mais qui prend de l’ampleur. Cette prise de conscience, je la vis moi-même et je remarque que je suis loin d’être la seule.

D’autre part, je n’ai pas le sentiment que la punition, le chantage ni encore moins la fessée, m’aient appris à savoir qui je suis, à avoir confiance en moi, et à exprimer tout mon potentiel. Bien au contraire ! Je me sens souvent désarmée, découragée par le gouffre entre la personne que je suis aujourd’hui et celle que je rêve d’être.

A ces craintes de ne pas préparer notre enfant à la réalité, je répondrais que l’objectif principal de l’éducation bienveillante est de lui donner toutes les clés pour qu’il développe une bonne estime de lui-même, de la confiance en lui, en l’autre, et toutes les ressources nécessaires pour qu’il puisse développer ses forces et talents. Il aura appris à trouver des solutions aux problèmes, plutôt qu’à se morfondre et à se culpabiliser. Il aura découvert que ses erreurs sont des opportunités d’apprentissage et qu’il peut les réparer, quand c’est possible. Il saura ne pas se poser en victime dès que quelque chose ne va pas comme il le souhaite, car il aura été responsabilisé.

Bien sûr, l’éducation bienveillante ne met pas à l’abri notre enfant de tout mal. Mais dans ce monde parfois cruel, dans lequel règne la loi du plus fort, il sera, selon moi, bien plus armé pour affronter la réalité qu’un enfant élevé de manière plus traditionnelle.

Alors, le seul danger que risque l’enfant éduqué dans la bienveillance, c’est de devenir un être épanoui et ouvert, capable d’exprimer tout son potentiel. Quel parent ne voudrait pas cela pour son enfant ? Personnellement, je signe tout de suite 😉

citation article 3 mythes

Et toi, que penses-tu de ces mythes ? Les entends-tu souvent de la bouche d’autres parents ? Y en a-t-il d’autres auxquels tu penses ? Je serais ravie de connaître ton avis !

Je ne le dirai jamais assez : n’oublie pas que les parents parfaits n’ont pas d’enfant ! 😉

Ludivine

 

Cet article participe à l’évènement inter-blogueurs “Les plus grands mythes de votre domaine” organisé par Elodie et François du blog La Céto Sympa. Si tu as aimé cet article, merci de le partager.

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