L’éducation bienveillante validée par les neurosciences

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J’ai assisté récemment à une conférence de Catherine Gueguen sur les neurosciences affectives et sociales et j’ai (re)découvert à quel point elles avaient leur place dans l’éducation bienveillante! Si le sujet t’intéresse, je t’invite à lire mon article. Ne t’inquiète pas, je ne vais pas te donner un cours de sciences, ce n’est pas trop ma tasse de thé 😉

neurosciences

Les neurosciences affectives et sociales, kesako?

Ce sont des sciences très récentes, développées au 21ème siècle, qui étudient les activités cérébrales lorsque nous vivons des émotions et que nous sommes en relation avec les autres. Elles se différencient des neurosciences cognitives qui traitent des mécanismes cérébraux sur le plan intellectuel. Grâce aux neurosciences, on a pu découvrir que la bienveillance et l’empathie sont des facteurs clés qui contribuent à l’épanouissement de l’être humain et donc, de notre enfant.

L’anatomie du cerveau (version simplifiée, promis!)

cerveau

Voici les parties du cerveau qui nous intéressent pour comprendre les neurosciences:

  • Néocortex: ce cerveau pense. Il traite les données rationnelles, est le centre du raisonnement, de la logique, de la compréhension et de la conscience.
  • Cerveau limbique/émotionnel: il mémorise, vit des émotions et décide émotionnellement. C’est la mémoire long-terme des émotions. Il valide (ou pas) les décisions prises par le cortex.
  • Cerveau reptilien/archaïque:  il décide de manière instinctive, régule les fonctions vitales, les besoins naturels et les comportements primitifs. C’est un cerveau binaire (oui/non).

Le cerveau de l’enfant

Cerveau enfant

Pendant les 6 premières années de sa vie, le cortex préfrontal et orbito-frontal de l’enfant est extrêmement fragile, immature et malléable. On a récemment découvert que le cerveau devenait mature à 25 ans, donc notre travail de parent est loin d’être terminé… s’il se termine un jour? 😉 Par contre, il reste malléable toute notre vie, ce qui est plutôt une bonne nouvelle, car nous pouvons toujours apprendre et créer de nouvelles connexions neuronales!

Ces découvertes nous permettent de mieux comprendre les tempêtes émotionnelles qui peuvent submerger l’enfant. Avant 6 ans, il est incapable de réguler seul ses émotions et de s’apaiser. Il reçoit une émotion de plein fouet, sans filtre et la vit intensément. Ceci n’a donc rien à voir avec un caprice ou un trouble du comportement, c’est tout simplement normal!

L’ambiance dans laquelle l’enfant est élevé ainsi que ses relations sociales vont aussi influencer la manière dont son cerveau se développe. S’il grandit dans un environnement bienveillant, empathique et soutenant, son cerveau va maturer plus rapidement et l’enfant gérera mieux ses émotions. Un contact doux, tendre et respectueux fera maturer le cerveau de manière globale.

En revanche, la maltraitance physique et verbale, les humiliations, les punitions, les peurs, une attitude dure et sévère vont freiner le développement global de son cerveau et avoir pour conséquence des troubles du comportement tels que l’angoisse, l’agressivité et même la dépression.

De plus, plus on encourage notre enfant, plus le volume de l’hippocampe augmente (pas le poisson 😉 mais la partie de notre cerveau qui  joue un rôle central dans la mémoire et la navigation spatiale). Notre enfant aura une meilleure capacité de mémorisation et apprendra plus facilement. A l’inverse, le volume de l’hippocampe se réduit quand on est humilié verbalement et physiquement.

Faux sur toute la ligne

L’adulte a depuis toujours pensé qu’il devait ‘dresser’ son enfant au moyen de punitions et d’humiliations. Nous avons tous, à quelques exceptions près, reçu ce style d’éducation, et, bien entendu, nous y avons survécu. C’est un argument que j’entends souvent lorsque je parle d’éducation bienveillante. On me dit qu’une petite claque de temps en temps ne peut pas faire de mal. La réalité est que les enfants sont humiliés verbalement et physiquement, à la maison comme à l’école. Une remarque du style “tu es méchant“, “tu n’es qu’un bon à rien“, “arrête tes comédies” est déjà une humiliation verbale. Une fessée donnée au cours d’un repas familial est déjà une humiliation physique. On ne s’en rend plus compte, tant ce genre de comportement est banalisé.

Mais les neurosciences nous prouvent aujourd’hui que cette manière d’éduquer nos enfants, soi-disant pour qu’ils apprennent à bien se tenir en société, est en fait contre-productive! A terme, les enfants qui ont connu des maltraitances physiques et verbales deviennent anxieux, dépressifs, développent des addictions et parfois, vont même jusqu’au suicide. Peut-être que tu te diras “pas moi, je vais très bien” mais je t’invite à regarder cette statistique sur la consommation de tranquilisants en France. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, tu ne trouves pas?

Je remarque aussi que c’est un sujet assez sensible car les parents se sentent vite jugés et culpabilisent. Mais il s’agit simplement d’un constat et non d’un jugement. Dans la plupart des cas, les parents reproduisent avec leurs propres enfants l’éducation qu’ils ont reçue, et ils croient bien faire. Quel parent ne veut pas le meilleur pour ses enfants et n’est pas prêt à se couper en quatre pour eux? Mais le problème est que nous n’avons pas reçu les bons outils pour éduquer nos enfants. Si tu veux en savoir plus sur ce qu’on appelle les “violences éducatives ordinaires”, je t’invite à visiter le site d’OVEO.

Empathique de naissance

Empathie

Une autre découverte des neurosciences est que nous sommes empathiques et altruistes de naissance.  Bref, nous avons ça dans le sang! C’est plutôt une bonne nouvelle, non? 😉 Alors, tu me diras, pourquoi ne vivons-nous donc pas dans le monde des Bisounours🌈? Eh bien, à cause du stress qui nous fait produire du cortisol, cette hormone qui peut faire dérailler notre cerveau si elle est présente en trop grande quantité.

A l’inverse, des relations empathiques pemettent au cerveau et plus précisément au cortex orbito-frontal de se développer.

Mais c’est quoi l’empathie, au juste?

Pour faire simple, l’empathie est la capacité à se mettre à la place de l’autre. Et pour faire un peu plus compliqué, il faut savoir que l’empathie regroupe 3 notions:

  • L’empathie cognitive : c’est la capacité à comprendre les pensées et intentions de l’autre. C’est quand, par exemple, on observe une personne qui regarde par la fenêtre, les yeux dans le vide. On comprend qu’elle est perdue dans ses pensées, en train de rêvasser.
  • L’empathie affective : c’est la capacité à comprendre les émotions d’autrui. En voyant une maman verser quelques larmes parce que son fils part pour la première fois en excursion avec sa classe, on peut facilement ressentir son émotion.
  • L’empathie compassionnelle: c’est l’autre nom de la sollicitude. Elle va plus loin que de simplement constater la souffrance ou la joie de l’autre et suppose une attitude bienveillante envers la personne.

Précisons qu’être empathique ne veut pas dire être laxiste. Si l’enfant mord, on corrige le comportement inadéquat, on s’occupe des émotions et on le soutient. Le message qu’on lui fait passer est “je te fais confiance, en grandissant, tu vas y arriver“.

Comment être dans l’empathie?

Pour être dans l’empathie, il faut se connecter aux émotions de l’enfant, les apaiser et l’aider à les exprimer. Pendant les 6 premières années de vie de notre enfant, il faudra faire preuve de beaucoup de patience et de bienveillance, et attendre que son cortex orbito-frontal commence à être assez mature pour qu’il puisse gérer ses émotions. S’il n’est pas aidé, il risque de ne jamais y parvenir.

Bien sûr, les tempêtes émotionnelles de nos petites têtes blondes (ou brunes) sont difficiles à gérer pour les parents. Mais lorsqu’on comprend que notre enfant ne peut pas se gérer seul, on peut plus facilement avoir de la compassion pour les hurlements, les colères, les cris, les gestes violents. On pense souvent que notre enfant nous cherche, nous teste ou nous provoque, mais les neurosciences nous prouvent que ce n’est pas le cas. Ce n’est pas toujours facile à croire, je sais 😉

colèreEt si l’on sent qu’on risque de péter les plombs, il est important de ne pas rester seul. Si c’est possible, on peut confier notre enfant à notre conjoint ou à une personne de notre entourage pour prendre un peu de temps pour soi. En étant soi-même ressourcé, on sera plus à même de recevoir les émotions de nos enfants. Si l’on a, de manière générale, des difficultés à gérer nos propres émotions, il ne faut pas hésiter à se faire aider par des professionnels. Nous avons aussi le privilège d’avoir toute une série d’outils à notre disposition pour développer notre empathie: la méditation en pleine conscience, le yoga, la Communication Non Violente et j’en passe. Libre à toi de trouver ce qui te convient le mieux… Il est toujours possible de se remettre de ce que l’on a vécu. Cela s’appelle la résilience. Et comment devient-on résilient? En étant empathique! La boucle est bouclée! 🙂

Les émotions

Une émotion est une réaction physiologique à un événement extérieur. Il existe 4 émotions de base: la joie, la tristesse, la peur et la colère. Il n’y a pas de jugement moral, les émotions ne sont ni bonnes ni mauvaises. Elles sont justes agréables ou désagréables.

4 émotions

Les exprimer fait du bien et permet de les calmer. Beaucoup d’adultes ne savent pas gérer leurs émotions parce qu’ils ont été maltraités physiquement ou verbalement pendant leur enfance.  Pour se protéger, ils ont dû se déconnecter de leurs émotions. Se reconnecter à ses émotions est tout un travail mais développer des compétences émotionnelles va être extrêmement bénéfique pour notre bien-être et pour celui de notre entourage.

A quoi servent les émotions?

  • A être connecté à soi-même
  • A avoir un sens éthique et moral
  • A faire des choix, à agir

Sans émotion, on vit comme un robot. Les compétences émotionnelles permettent les compétences sociales, c’est-à-dire écouter l’autre, le comprendre, être dans la relation.

Si tu veux en savoir plus sur les émotions, je t’invite à lire cet article. Tu y trouveras même une formation sur l’accompagnement des émotions de l’enfant.

Pour résumer

Nous avons vu dans cet article que quand les enfants sont élevés par des parents empathiques, soutenants et bienveillants, leur cerveau devient mature. Cette maturation leur permet d’être épanouis, d’avoir une bonne réussite scolaire et de bonnes relations sociales.

J’espère que ton cerveau n’a pas surchauffé en lisant cet article et que tu as pris conscience que l’éducation bienveillante n’est pas une nouvelle mode qui produit des enfants-rois, mais qu’elle est validée par les neurosciences affectives et sociales. Rien que ça 😉 Et si tu veux aller plus loin, je t’encourage à lire “Pour une enfance heureuse” de Catherine Gueguen.

D’ici là, n’oublie pas que les parents parfaits n’ont pas d’enfants 😉

Ludivine

 

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2 thoughts on “L’éducation bienveillante validée par les neurosciences

  1. Bonjour 🙂
    Très heureuse de tomber sur ce blog plein de ressources, qui a un peu les mêmes visées que le mien!
    Si tu aimes les neurosciences et l’intelligence émotionnelle, tu as sûrement déjà lu Daniel GOLEMAN? Sinon, je conseille vivement!

    Merci pour cet article en tous cas, je m’en vais poursuivre la découverte de ce blog…
    A bientôt!
    Emilie

    1. Bonjour Emilie et merci pour ton partage qui me fait chaud au coeur!
      Je ne connais pas Daniel Goleman, mais je vais me renseigner tout de suite! Tu as un livre en particulier à me conseiller?
      J’ai découvert les neurosciences affectives et sociales grâce à Catherine Gueguen, et pour l’instant, je lis “le cerveau de votre enfant” de Daniel Siegel et je me découvre une nouvelle passion 😉
      Je suis allée voir ton blog également et c’est super ce que tu fais en tant qu’éducatrice! Bravo et bonne route à toi!
      A bientôt,
      Ludivine

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