L’éducation bienveillante au quotidien

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L’éducation bienveillante sur papier, c’est bien beau, mais qu’est-ce que cela donne concrètement dans le quotidien, dans la vie de tous les jours ?  Si tu es fait de chair et de sang comme moi, tu sais bien que la vie est loin d’être un long fleuve tranquille… surtout quand on a un enfant, voire plus ! Alors, comment rester un parent bienveillant en toutes circonstances ? Et d’ailleurs, est-ce possible ? Je te partage mon “envers du décor” dans cet article.

la vie est un long fleuve tranquille

Éduquer avec bienveillance, ça veut dire quoi exactement ?

Dans mon tout premier article intitulé “Pourquoi se tourner vers l’éducation bienveillante ?“, je te soumettais une définition de la parentalité positive, écrite par Catherine Dumonteil-Kremer. Je te la re-partage ici: “Une parentalité centrée sur la joie de vivre, le plaisir d’être ensemble, les besoins de chacun, le soutien sur le chemin de soi. Cette forme de parentalité demande de la vigilance, un travail de prise de conscience de nos blessures d’enfant pour éviter ainsi toute violence physique et psychologique, même considérée comme légère. Ce qui signifie entre autre: sans coups, menaces, punitions, sanctions, isolement, ou immobilisation, etc. Le concept de parentalité positive est en évolution permanente, il dépend de  prises de conscience qui se font de plus en plus claires, et demandera sûrement des précisions supplémentaires à l’avenir.

Voilà maintenant un peu plus de 7 mois que je publie chaque semaine un article sur un sujet qui me tient à cœur et qui m’inspire. A force de faire des recherches, de lire des livres, de parcourir d’autres blogs qui traite du même sujet (Les 6 doigts de la main, Parent plus qu’imparfait, L’éducation fait le bonheur), de participer à des conférences, mes connaissances s’étoffent et ma pratique évolue au jour le jour, grâce à ma croquette d’amour qui a fait de moi une maman il y a bientôt 3 ans ! Eh oui, je suis un peu nostalgique aujourd’hui … 😉

Alors, en relisant cette définition de la parentalité positive, ce qui ressort le plus pour moi est qu’il s’agit d’un concept en constante évolution. Rien n’est figé. Il y a bien quelques principes de base, mais chacun chemine à son rythme, en fonction de son parcours de vie, de son intérêt, de ses priorités et de l’énergie qu’il veut bien y consacrer. Et je suis convaincue qu’il y a autant de façons de faire qu’il y a de parents et d’enfants.

La parentalité positive va du maternage proximal, qui veut que le parent se rende disponible à tout moment et donne une réponse rapide aux besoins de son bébé (allaitement, cododo, hygiène naturelle infantile…) au parent qui accepte de remettre en cause l’une ou l’autre de ses méthodes éducatives, sans plus. On ne parle plus uniquement de parentalité positive mais de parentalité consciente, respectueuse, responsable, bienveillante, ludique, constructive… et j’en passe. J’ai personnellement choisi de parler d’éducation bienveillante car le mot “positif” me donnait l’impression que le parent n’avait pas d’autre choix que d’être positif en toutes circonstances. Selon moi, cela ne correspond pas à la réalité de la vie de parent et cette “positivité” peut nous entraîner dans la culpabilité et dans une course à la perfection. La bienveillance, en revanche, n’écarte pas le négatif, mais apprend à le gérer pour le transformer en quelque chose de constructif. Elle s’applique également à soi-même. Tu sais sûrement qu’il est préférable de remplir son propre réservoir pour répondre de façon appropriée aux besoins de notre enfant.

Alors, tu l’auras compris, il n’y a pas de définition toute faite de l’éducation bienveillante. J’oserais même dire qu’il s’agit plutôt d’un état d’esprit, d’une philosophie de vie, où l’on est prêt à se remettre en question, à s’informer pour éduquer notre enfant du mieux que nous le pouvons.

Les ingrédients de l’éducation bienveillante

Cheminer vers une parentalité consciente et bienveillante, c’est un peu comme préparer une nouvelle recette. Il faut bien connaître chaque ingrédient qui la compose, procéder par essais-erreurs pour trouver les bons dosages, s’armer de courage et de patience, pour que, au final le plat soit une belle explosion de saveurs en bouche !

Alors, dans la vie de tous les jours, j’ai la chance d’avoir un conjoint qui aime cuisiner 🙂 Mais pour ce qui est de l’éducation, je te partage les ingrédients que j’utilise pour mettre au point ma parentalité bienveillante à la maison:

  • une bonne dose de remise en question du modèle éducatif que j’ai reçuingrédients
  • un nouveau regard porté sur l’enfant, à la lumière des récentes découvertes des neurosciences affectives et sociales
  • un travail sur moi pour faire la paix avec mon passé, accueillir, écouter et consoler mon enfant intérieur
  • un langage bienveillant
  • des temps dédiés et des moments de complicité avec ma fille et en famille
  • beaucoup de lâcher prise
  • le tout assaisonné d’un soupçon d’humour et de légèreté

Sans oublier l’ingrédient principal, qui est l’amour , bien entendu !

Ce que l’éducation bienveillante n’est pas

baguette magiqueSi l’on ne peut pas définir précisément ce qu’est l’éducation bienveillante, on peut déjà commencer par préciser ce qu’elle n’est pas. Et là, j’ai envie de dire d’emblée qu’elle n’est pas une recette miracle qui transformerait notre enfant en parfait petit enfant modèle d’un coup de baguette magique. Éduquer son enfant avec bienveillance, ce n’est pas chercher à tout prix à ce que notre enfant soit sage, à ce qu’il se comporte parfaitement en toutes circonstances, à ce qu’il ne fasse pas de crises, à ce qu’il gère ses émotions sans aucun souci.

Ce n’est pas une démarche qui se prend à la légère. On ne vient pas y chercher des trucs et astuces pour que notre enfant obéisse au doigt et à l’œil et que l’on se sente un bon parent aux yeux de notre entourage parce que notre enfant se comporte bien. Soyons honnêtes, Rome ne s’est pas faite en un jour et il en va de même pour l’éducation bienveillante. On ne se réveille pas un matin en se disant “à partir d’aujourd’hui, je serai une maman bienveillante, quoi qu’il arrive“. Je ne remets pas en cause la prise de décision mais je veux souligner qu’entrer dans cette démarche demande du courage, de la patience et de la persévérance. Certains des outils que l’on va découvrir et tester nous conviendront parfaitement et d’autres, pas du tout. Pourquoi ? Parce que chaque enfant est différent, chaque famille a ses spécificités. C’est ce qui en fait sa beauté, mais aussi sa difficulté à trouver des solutions toutes faites à nos problèmes du moment.

De plus, nous n’obtenons pas souvent un retour immédiat sur notre investissement. Et dans un monde où tout va de plus en plus vite et où l’on s’attend à ce que tout se fasse en un claquement de doigts, on peut parfois se  sentir frustré et se décourager. Pourtant, l’éducation est un processus qui prend du temps, qui demande de l’énergie et qui porte ses fruits parfois beaucoup plus tard que l’on ne l’aurait souhaité…

Une dernière précision qui a toute son importance: l’éducation bienveillante n’est pas un dévouement complet envers son enfant, au détriment de sa propre personne. J’ai remarqué que cette croyance était assez ancrée dans les mentalités et que ce type de parentalité donnait l’impression que le parent devait se sacrifier pour son enfant, et oublier ses propres besoins. Or, c’est exactement l’inverse qui est vrai. On apprend à se repositionner à sa juste place, à ne pas s’oublier, à faire attention à soi, à son réservoir affectif et on encourage les parents à prendre du temps pour eux, séparément, en couple, seul avec l’enfant et en famille.

Alors, pourquoi se lancer ?

Tu vas me dire “mais alors, pourquoi se tourner vers l’éducation bienveillante, si c’est difficile ?” Parce que le jeu en vaut clairement la chandelle ! Certes, tout ce que l’on sème ne se récolte pas immédiatement, mais l’on observe quand même des améliorations qui nous confortent dans notre cheminement et qui nous poussent à persévérer. L’ambiance familiale est plus sereine, moins conflictuelle, l’enfant est plus autonome, il apprend petit à petit à mieux gérer ses émotions et les crises s’espacent car il se sent écouté et compris. Elles ne disparaissent pas pour autant, parce qu’il a besoin d’exprimer ses émotions, c’est tout à fait normal. De plus, en changeant de regard sur ses comportements, on arrive plus facilement à prendre du recul sur les situations “problématiques”. Les routines sont installées, le cadre est sécurisant sans être étouffant, et il évolue à mesure que l’enfant grandit.

Se lancer sur le chemin de l’éducation bienveillante, c’est décider d’accompagner son enfant dans la découverte de la vie du mieux que nous pouvons, en s’informant et en remettant en question nos méthodes éducatives, afin de permettre à notre enfant de développer les compétences dont il aura besoin pour s’épanouir pleinement et devenir un adulte bien dans ses baskets.

En élevant son enfant de façon plus bienveillante et respectueuse, on s’élève également ! Car notre enfant vient mettre le doigt là où cela fait mal et si l’on accepte de soulever le couvercle pour traiter la blessure du passé qui nous fait encore mal aujourd’hui, nous en sortons grandi et plus épanoui, en tant qu’adulte.  L’éducation bienveillante n’est pas à sens unique. Chacun en retire des bénéfices. C’est le cadeau 🎁 qui se trouve derrière notre investissement.

Les jours avec … et les jours sans

En début d’article, je posais la question de savoir s’il était possible d’être un parent bienveillant en tout temps. Eh bien, la réponse n’est pas si évidente car les aléas de la vie, la routine, notre fatigue, notre humeur, nos hormones, notre manque de patience et de bonne disposition influencent notre attitude envers notre enfant.

Mais la bonne nouvelle est que l’éducation bienveillante est en quelque sorte une boussole familiale, qui nous aide à nous fixer des objectifs à court, moyen et long-terme. Il est important de savoir pourquoi on choisit cette démarche et une fois que c’est clair dans notre esprit, on pourra y revenir plus facilement dès que l’on sera mieux disposé.

Nous sommes humains et imparfaits. Devenir un parent bienveillant ne nous dispense pas de commettre des erreurs, mais nous permet de nous réaligner dès que cela s’avère nécessaire. De reconnaître que l’on peut s’égarer du chemin et y revenir dès que nous le pouvons. Plus qu’un processus, c’est une dynamique, une sorte de spirale positive dans laquelle toute la famille est invitée à entrer.

Bien sûr, il y a des jours avec et des jours sans. Tout n’est pas rose ! Choisir l’éducation bienveillante, c’est également être confronté à des doutes. Car plutôt que d’agir en pilote automatique, que de reproduire des schémas bien connus, nous choisissons consciemment de tout chambouler, d’ouvrir une nouvelle voie. La parentalité est un concept très récent et la parentalité positive l’est encore plus. On choisit d’aller à l’encontre du modèle parental et sociétal reçu. Les prises de conscience se font le long du chemin et nous devons sans cesse nous adapter, nous aligner, pour être en ligne avec nos valeurs.

Mes fondamentaux

L’éducation bienveillante demande un réalignement constant, à mesure que l’on évolue. C’est comme dans le développement personnel. Après avoir poli une facette, on en découvre une autre à travailler. Ce que j’ai remarqué, en m’attelant à devenir une maman bienveillante, c’est qu’il y a des fondamentaux, auxquels je reviens tout le temps, qui sont un peu comme une lueur dans la nuit. Je te les partage ici.

Prendre soin de moi

J’ai remarqué que j’avais tendance à me prendre au piège du “je penserai à moi plus tard, quand j’aurai le temps“. C’est une erreur car comme je le disais plus haut, pour bien s’occuper des autres, il faut d’abord s’occuper de soi. C’est comme dans l’avion. On enfile d’abord notre masque à oxygène avant d’aider notre enfant à mettre le sien, en cas de dépressurisation. Ne pas le faire revient à mettre toute la famille en danger. Alors, j’essaie tant bien que mal d’insérer des “moments pour moi” dans le planning, et surtout, de m’y tenir ! Work in progress, comme on dit 😉

Établir une relation horizontale

Quand ma fille se met en colère pour une quelconque raison, je me souviens que je cherche à construire une relation respectueuse et harmonieuse avec elle. Je veux sortir des jeux de pouvoir, tellement ancrés dans notre société. Je décide, à chaque fois que la situation se présente, de ne pas croire qu’elle me manipule ou qu’elle fait un caprice.

Je choisis, encore et encore, de ne pas punir, de ne pas menacer, de ne pas utiliser le chantage, de ne pas la frapper. Et petit à petit, je remarque une amélioration. C’est de moins en moins déroutant. Lorsqu’elle refuse quelque chose que je lui propose, j’entre de moins en moins dans le jeu de pouvoir, dans ce schéma où je me disais avant “tu ne gagneras pas” ou encore “tu ne t’en tireras pas comme ça“.

La notion de respect a pris de l’ampleur pour moi au fil des mois. Je considère ma fille comme une personne à part entière, différente de moi et je la traite d’égal à égal, dans le respect de ses besoins, de ses désirs, de ses préférences. J’arrive, à force d’entraînement, à prendre le recul nécessaire pour la traiter avec tout le respect que je lui dois. Je me pose souvent la question “est-ce que je parlerais comme cela à mon amie ?” Si la réponse est non, alors je change de ton et/ou de vocabulaire.

Mieux gérer mes émotions

C’est un sujet que j’affectionne particulièrement car je ne suis moi-même pas à l’aise avec l’expression de mes émotions. J’ai donc un double travail à fournir dans ce domaine : mieux gérer mes émotions pour apprendre à ma fille à mieux gérer les siennes. Mais qui dit double travail dit double motivation. Je suis convaincue que tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime et en apprenant à ma fille à exprimer ses émotions et en les accompagnant pour qu’elles ne restent pas coincées dans son corps, je m’autorise à libérer mes propres émotions refoulées.

Apprendre la patience, l’indulgence et l’humilité

Ma fille évolue à son rythme, un pas après l’autre. Elle m’apprend la patience. Elle me rappelle que les erreurs sont des opportunités d’apprentissage. Je veille à lui donner ce message, pour ne pas qu’elle tombe dans le perfectionnisme. Je lui demande régulièrement pardon pour mes écarts, car je tiens à lui montrer que je ne suis pas parfaite, mais que j’ai la capacité de reconnaître mes erreurs et de me remettre en question. Je veux lui montrer que l’on ne reste pas sur un échec, mais que l’on peut réparer, tirer des leçons et repartir de plus belle.

Et toi, où en es-tu dans ton cheminement ? Quel type de parent bienveillant es-tu ? N’hésite pas à me répondre en postant un commentaire au bas de cet article. Je serai ravie d’en apprendre plus sur toi, sur ton quotidien, sur tes difficultés…

N’oublie pas que les parents parfaits n’ont pas d’enfant ! 😉

Ludivine

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3 thoughts on “L’éducation bienveillante au quotidien

  1. Merci Ludivine pour cet article qui nous rappelle que nous ne sommes pas en quête de la parentalité parfaite mais juste d’un alignement avec nos valeurs et que nous devons faire avec nos émotions, notre passé, nos fatigues… Tes ingrédients de la parentalité bienveillante m’ont d’autant plus parlé qu’il me semble que ce sont les mêmes pour une naissance bienveillante. Et si la parentalité bienveillante commençait dès la conception ?

  2. Bonjour Ludivine
    Je te remercie pour cet article sur l’éducation bienveillante qui pose souvent débat chez certains parents pessimistes.

    C’est vrai que pour l’appliquer il faut déjà savoir ce que c’est l’éducation bienveillante ensuite faire un gros travail sur soit. ça demande de la patience parce que cette méthode n’est pas un coup de baguette magique pour avoir des enfants obéissants. Pour ma part cette façon d’éduquer permet de laisser exprimer leurs émotions afin d’avoir de l’empathie pour mieux les comprendre.

    Le but n’est pas d’avoir des enfants dociles mais plutôt de les accompagner et les inculquer les valeurs fortes qui feront d’eux des personnes meilleures toute leur vie.

    Merci beaucoup pour ton article comme d’habitude avec pleins de valeurs.

    1. Merci Edward pour ton partage! L’éducation bienveillante est un cheminement qui implique de développer une autre manière de considérer notre rapport à l’enfant. Bon courage dans ton cheminement! Ludivine

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