La connexion, pour une vie de famille harmonieuse

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T’es-tu déjà retrouvé dans une situation où ton enfant ne se comporte pas comme tu le voudrais? Si tu es parent depuis au moins quelques semaines, cela doit t’être familier 😉

As-tu déjà remarqué que lorsque notre enfant ne répond pas à ce que l’on attend de lui, on se déconnecte de lui et on part dans nos schémas mentaux habituels, du style “Il ne m’écoute pas. Il me cherche. Mais que vont penser les autres? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça?” Bref, notre attention n’est plus du tout centrée sur notre enfant, mais sur ce qu’il se passe en nous, que ce soit mentalement ou émotionnellement.  C’est à ce moment que la connexion est interrompue et que chacun se retrouve dans son coin, avec son problème.

Cet article fait suite au carnaval d’articles organisé par Emma du blog www.ParentPlusQuImparfait.com. Les blogueurs s’unissent et publient autour du thème “Comment favoriser la connexion parent-enfant”. Tu auras accès librement à la compilation de tous les articles sous forme d’un e-book gratuit.

Le fait de favoriser la connexion entre le parent et l’enfant va créer un lien qui permettra de résoudre plus facilement les situations problématiques.

Les bénéfices d’une bonne connexion

Connexion papaComme nous l’avons vu dans l’article sur les fondements de la Discipline Positive, nous sommes des êtres sociaux qui avons besoin d’appartenir et de nous sentir importants. Nous naissons avec le besoin de tisser des liens forts avec des adultes aimants. C’est au travers de cette connexion que nous allons nous construire, développer notre confiance en nous et notre estime de nous-mêmes. Cela influencera nos relations sociales tout au long de notre vie. En effet, si l’enfant développe une relation stable et sécurisante avec ses parents, il sera plus à même de gérer des situations difficiles dans sa vie d’enfant et plus tard, d’adulte.

Nous avons donc tout intérêt à créer une bonne connexion avec notre enfant, tant pour lui que pour nous.

Voici quelques avantages de la connexion à son enfant:

  • Il se sent aimé et sécurisé: grâce à la connexion que nous avons avec lui, il lui sera plus facile d’aller vers les autres, de vivre de nouvelles expériences et d’explorer le monde.
  • Il a confiance en ses parents: il sait que s’il vit des moments difficiles, il peut compter sur ses parents et leur faire confiance et par conséquent, il fera aussi plus facilement confiance aux autres.
  • Il a des facilités d’apprentissage: une bonne connexion avec ses parents lui permet de se sentir en sécurité, ce qui permet à son cerveau de se développer.
  • Il a de meilleures capacités d’adaptation: comme il se sent soutenu par ses parents, il est plus apte à réguler ses émotions dans des situations stressantes, comme un changement d’environnement (déménagement, passage de la crèche à l’école…)
  • Il est plus empathique et coopératif: ces qualités lui permettent de créer des relations solides avec son entourage.

Comment favoriser la connexion parent-enfant?

Alors, tu te demandes sûrement comment construire cette connexion? Je précise que je parle de connexion plutôt que de relation, car selon ma définition et ma compréhension, la connexion va plus loin que la relation dans le sens où elle implique une ouverture au monde de l’autre, dans le respect et la bienveillance, d’où se dégage une complicité qui permet d’être sur la même longueur d’onde. Être connecté, c’est à la fois ‘descendre en soi’ pour observer ce qui s’y passe et être pleinement présent à l’autre.

En fait, la connexion commence déjà pendant la grossesse et se construit au fil du temps, elle ne vient pas du jour au lendemain. Comment? En étant présent au quotidien pour notre enfant, à chaque étape de sa vie. Que ce soit en le berçant lorsqu’il est bébé, en le regardant jouer en souriant, lorsqu’il est petit, ou encore en acceptant ses règles du jeu lorsqu’on décide de faire un jeu de société ensemble, lorsqu’il devient plus grand.

Connexion

Certains de nos comportements/attitudes favorisent la création d’une connexion sécurisante avec notre enfant:

1.    Répondre à ses besoins avec tendresse et constance: que ce soit pour les besoins physiologiques (faim, soif, fatigue…) que pour les besoins émotionnels (envie d’un câlin, besoin de se   défouler après une journée difficile à l’école), notre disponibilité et notre affection envers notre enfant permettront d’établir un lien privilégié avec lui.

2.  Avoir un contact physique chaleureux: ne soyons pas avares en câlins et papouilles en tout genre. Leurs bienfaits ne sont plus à démontrer! Il y a de plus en plus de recherches sur le sujet, même si notre bon sens nous disait déjà que la tendresse, ça ne peut être que bon. Ils ont plusieurs vertus thérapeutiques: antistress, antidouleur, antidépresseur… Prêt pour la petite minute scientifique? Alors, le câlin diminue le taux de cortisol, l’hormone du stress. Il équilibre le système nerveux grâce à la pression exercée sur le plexus solaire. Psychologiquement, il donne un sentiment de protection, de confiance et de force, qui permet de stimuler le système immunitaire.  Rien que d’en parler, j’ai envie d’aller réveiller ma fille pour lui faire un câlin 🤗

3.  L’accepter tel qu’il est, avec ses forces et ses faiblesses, ses hauts et ses bas. Ne pas avoir d’attente particulière envers son enfant lui permettra de développer une bonne estime de lui. Ou plutôt avoir des attentes réalistes et adaptées à son âge. Il est normal qu’il ne comprenne pas toutes les conséquences de ses actes et de ses choix. On peut clarifier régulièrement ce que l’on attend de lui sur un point précis, en indiquant les étapes nécessaires pour y arriver. Par exemple, il ne faut pas s’attendre à ce qu’un enfant de 2 ans range seul ses jouets mais on peut l’accompagner et lui indiquer de ranger tel jouet dans telle boîte. Pour susciter sa coopération, on peut même faire cela sous forme de jeu: “qui rangera le plus de jouets en 1 minute?

4.  Accueillir ce qu’il vit: accueillir l’émotion de l’enfant n’est pas facile, parce que cela nous met en contact avec les nôtres, ce qui peut être assez désagréable pour certains. On a tendance à vouloir étouffer les émotions dites “négatives” alors qu’il faudrait simplement les accueillir en disant “je comprends ta peine/colère… en le prenant dans nos bras”.  On peut aussi lui demander ce qu’il compte faire pour résoudre son problème, comme une dispute avec un copain de classe et l’encourager dans sa recherche de solutions/l’aider dans sa réflexion si nécessaire.

5.   Se mettre à sa place: c’est l’idée d’entrer dans son monde, avec empathie et intérêt, pour comprendre réellement ce qu’il est en train de vivre. Cela nous permet d’être plus compréhensif. Par exemple, si ma fille pleure dans la voiture, au retour de la crèche (ce qui est plutôt rare), je lui pose quelques questions pour savoir si elle a eu une mauvaise journée. Ce n’est pas toujours évident de savoir ce qui s’est réellement passé, vu son âge, mais au moins, elle a le sentiment que je m’intéresse à elle et essaie de comprendre l’origine de son problème.

6.  Intervenir rapidement: cela commence avec leurs premiers pleurs, lorsqu’ils sont encore tout petits. Il a été prouvé que laisser pleurer l’enfant n’a aucune valeur pédagogique, contrairement à ce que l’on nous a fait croire dans le passé, notamment avec la méthode du 5-10-15. Pire encore, son développement cérébral en est affecté et il n’apprend pas à s’adapter au stress. Avec l’enfant, on continue aussi à agir rapidement, soit pour lui venir en aide s’il est déjà en crise, soit en prenant les devants pour l’éviter. L’enfant se sent rassuré de savoir que son parent veille sur lui et sur son bien-être.

7.  Favoriser son autonomie et le laisser expérimenter ses choix : on crée aussi une connexion en encourageant notre enfant à essayer de nouvelles choses, et à le laisser explorer et apprendre de ses erreurs. On lui donne une certaine indépendance, en lui proposant des choix limités, ou encore en le laissant assumer certaines conséquences de ses actes (en toute bienveillance et pour autant qu’il ne se mette pas en danger, cela va de soi!) Ma fille a récemment mis ses chaussures à l’envers. Ma première réaction a été de le lui dire pour qu’elle les remette à l’endroit, mais cela n’avait visiblement pas l’air de la déranger. J’ai donc décidé de la laisser faire, car au final, ce n’était pas si important et si elle était vraiment gênée, je l’aurais volontiers aidée à remettre ses chaussures correctement. Le ton que l’on emploie lorsque l’enfant se rend compte de son “erreur” a toute son importance. S’il on répond un “tu vois, je te l’avais dit'” sur un ton culpabilisateur, on perd tout le bénéfice de l’indépendance accordée juste avant.

Quelques outils pour créer la connexion

Le temps dédié

Les enfants aiment passer des moments de qualité avec chacun de leurs parents. Le temps dédié est un moment régulier et programmé que le parent consacre à son enfant, sans interruption extérieure. Avant 2 ans, le simple fait d’être ensemble et de prendre du plaisir est suffisant. Entre 2 et 6 ans, on peut consacrer au moins 10 minutes par jour d’attention non partagée à son enfant. De 6 à 12 ans, les besoins de l’enfant évoluent et les temps dédiés s’espacent petit à petit pour avoir lieu une fois par semaine. L’enfant se sent connecté parce qu’il sait qu’il compte à nos yeux! Si tu veux en savoir plus, je t’invite à lire l’article dans lequel je parle du temps dédié.

Le jeu

Jouer avec son enfant est un excellent moyen de développer la complicité et par conséquent, de créer la connexion! Jouer, c’est avant tout partager un moment de plaisir, qui nous permet d’être dans “l’être” et non dans le “faire”. C’est important de lui accorder ce temps privilégié sans le transformer en activité éducative. Il appréciera d’autant plus si tu te laisses guider en suivant ses règles, même si elles n’ont aucun sens pour toi 😉  C’est un peu le seul moment où il peut décider, en fait. D’ailleurs, il ressentira un sentiment de maîtrise, qui l’aidera à construire son estime de lui. Et surtout, n’oublie pas de t’amuser et de rire de bon cœur! C’est une véritable bouffée d’oxygène dans nos vies à 100 à l’heure!

Jouer
Jouer avec ma fille, le pied!

L’encouragement

Encourager, c’est “insuffler de la force, du courage. L’encouragement aide au développement de la confiance en soi. Un enfant encouragé retrouve sa capacité, sent qu’il peut participer et influencer ce qui lui arrive, ainsi que sa manière de réagir à ce qui lui arrive. Et pour l’encourager efficacement, il faut être connecté, c’est-à-dire atteindre son cœur plutôt que son cerveau. Si tu veux en savoir plus sur l’encouragement, et surtout en quoi il est différent des compliments, j’ai écrit un article à ce sujet que tu peux trouver ici.

Les questions de curiosité

On a tellement l’habitude d’ordonner plutôt que de questionner, souvent parce que l’on veut que les choses aillent vite. Mais les questions de curiosité vont permettre à l’enfant de réfléchir. Si notre enfant joue tranquillement pendant que l’on prépare le repas et que tout à coup, on entend qu’il casse un vase dans le salon, plutôt que de se ruer pour lui crier dessus et l’accuser, on va essayer de comprendre ce qu’il s’est réellement passé (mais on va quand même s’empresser de ramasser ce qui pourrait le blesser, bien sûr. La sécurité avant tout!). On peut lui dire “qu’est-ce que tu essayais de faire?”. Les questions de curiosité manifestent un réel désir d’accéder au monde de l’enfant, avec empathie et intérêt. Le ton employé fera toute la différence.  Pour continuer à découvrir ce merveilleux outil, je te propose de lire mon article sur le sujet.

Partager sa propre expérience

Dans l’éducation dite traditionnelle, le parent garde son statut d’adulte supérieur, qui a l’autorité et qui “sait”. Ce type de relation crée inévitablement une distance entre l’enfant et son parent. C’est le principe de relation verticale. A l’inverse, l’éducation bienveillante promeut la relation horizontale, où chaque personne a la même valeur et le parent n’est plus mis sur un piédestal (d’où il finira de toute façon par tomber, généralement à l’adolescence). Je précise tout de même qu’égal ne veut pas dire identique et qu’il est évident que les enfants n’ont pas les mêmes privilèges et responsabilités, qui viendront avec l’expérience et la maturité. Les adultes restent bien des repères éducatifs dans la relation horizontale. Tout cela pour dire que le parent qui ose avouer ses “faiblesses” ou ses “fragilités” à son enfant se rapproche de lui. Si je raconte à ma fille que moi aussi j’ai eu peur des monstres en dessous de mon lit, je crée automatiquement une connexion spéciale. Nous partageons une expérience commune et elle se rend compte que j’ai moi aussi été enfant, il y a fort fort longtemps 😉

Alors, convaincu?

Une chose est sûre, c’est qu’il ne faut pas oublier que ton enfant n’a pas besoin d’un parent parfait, mais d’un parent qui fait de son mieux. On commet tous des erreurs, tout simplement parce que nous sommes humains. L’essentiel est de les considérer comme des opportunités d’apprentissage, n’est-ce pas? Mais si notre enfant sent qu’il peut compter sur nous la plupart du temps, il pourra s’adapter!

J’espère t’avoir montré qu’il existe plein de façons de créer la connexion avec son enfant. Et comme je suis un peu curieuse sur les bords, j’aimerais beaucoup savoir quelles sont les tiennes. Dis-moi tout dans les commentaires!

Et surtout, n’oublie pas que les parents parfaits n’ont pas d’enfants 😉

Ludivine

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