Comment vivre une relation respectueuse avec son enfant ?

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Respecter son enfant signifie avant toute chose de le considérer comme une personne unique et différente de soi. L’enfant n’est pas le prolongement de nous-mêmes, il n’est pas là pour nous faire plaisir. C’est un individu à part entière qui mérite tout notre respect. Si tu as raté mon premier article sur le sujet, tu peux encore le lire ici . Dans cet article, je continue à le développer au travers de 2 points essentiels qui te permettront de traiter ton enfant avec respect.

Se respecter pour respecter son enfant

prendre soin de soi avant enfantSi tu as déjà pris l’avion, tu connais alors le message préventif de sécurité qui veut qu’en cas de nécessité, le masque à oxygène est à appliquer d’abord à soi-même et ensuite à ses enfants, lorsqu’ils ont besoin d’aide. Pourquoi ? La raison est simple. Tu ne peux t’occuper correctement de l’autre que quand tu t’es d’abord occupé de toi. Ou, autrement dit, charité bien ordonnée commence par soi-même.

Si nous transposons ce principe au respect, cela revient à dire que pour respecter son enfant, nous devons d’abord nous respecter nous-mêmes. Comment faire ? Je te propose ici plusieurs pistes à explorer :

  • Prendre soin de soi

Qu’il est difficile de dépasser les freins qui nous empêchent de prendre soin de nous-mêmes ! Nos barrières sont premièrement d’ordre logistique : comment trouver du temps pour soi dans nos journées hyper chargées ? Mais nous avons aussi des barrières psychologiques qui nous poussent à croire que prendre du temps pour soi, en tant que parent, est égoïste, que l’enfant devrait toujours passer en premier, que si les autres parents assurent, je dois pouvoir y arriver… Je te laisse compléter ta propre liste 😉 Pourtant, prendre soin de soi, que ce soit physiquement ou mentalement, ne demande pas forcément beaucoup de temps et d’investissement. prendre soin de soiCela pourrait consister, par exemple, à se poser 3 minutes en pleine conscience et en se concentrant sur son souffle. Chacun sait ce dont il a besoin et où se trouvent ses limites. Pour savoir si nous prenons suffisamment soin de nous et de nos besoins, nous pouvons mettre au point une visualisation mentale de notre jauge d’énergie et la réévaluer en cours de journée. Vert, tout va bien ; orange, une petite pause est nécessaire (tasse de thé, marche au soleil, lecture…) ; rouge, une pause immédiate est requise et une aide extérieure peut s’avérer nécessaire (conjoint, famille, amis…) le temps de refaire le plein d’énergie. Si tu veux en savoir plus, je t’invite à lire cet article (cinquième question : les besoins de chacun sont-ils respectés ?)

  • Éprouver de l’auto-empathie

Nous pouvons facilement comprendre et pardonner les erreurs de nos proches, mais nous sommes si durs envers nous-mêmes. Lorsqu’une amie nous parle de ses difficultés de mère, nous la comprenons, nous la réconfortons. Et si nous faisions pareil vis-à-vis de nos erreurs, de nos faux-pas ? Se pardonner, aller de l’avant, apprendre de nos erreurs, voilà qui prouve que l’on se respecte en tant que personne et que l’on est capable d’auto-compassion. Osons parler à notre enfant intérieur qui a tant besoin de tendresse, de soin et d’amour !

  • Etre soi-même

Etre soi-même, c’est oser exprimer ses pensées, ses attentes, assumer les choix et décisions que nous prenons en fonction de nos valeurs, de nos priorités du moment. Oser dire non à quelque chose qui ne nous convient pas est une grande preuve de respect de soi.

  • S’attendre à ce que les autres nous respectent

Le respect que l’on s’accorde a un impact sur notre estime personnelle. Et plus nous avons une bonne estime de nous-mêmes, plus nous nous respecterons et plus nous serons respectés par notre entourage, enfant compris ! C’est un cercle vertueux.

Poser des limites tout en respectant l’enfant

respect mère-filleOu autrement dit, comment reprendre le comportement inapproprié de l’enfant avec fermeté sans restreindre les désirs et sentiments de l’enfant ? Tout d’abord, intégrons le fait que l’autorité éducative n’est pas l’obéissance mais l’écoute des états émotionnels de l’enfant et le respect de ses besoins. Le but étant, au final, de le rendre acteur et responsable de ses actes.

Arnaud Deroo, dans son livre “Porter un regard bien-traitant sur l’enfant et sur soi” nous dit ceci : “Quand un enfant est élevé avec empathie, il ne cherche que rarement à dépasser les règles, les limites, à mettre en difficulté ses parents puisque il intègre “J’ai de l’importance, tu as de l’importance.”  C’est une affirmation forte et percutante, qui n’a pas pour but de nous culpabiliser si notre enfant cherche à enfreindre les règles, mais de nous rappeler que l’empathie est la clé pour des relations plus sereines avec nos enfants, et donc plus respectueuses…

Ce qu’il se passe généralement avec une pose de limites sans respect de l’enfant, comme dans le cas de la punition, c’est que les “mauvais comportements” sont stoppés mais l’on ne cherche pas ce qui a poussé l’enfant à agir de la sorte. Or, il est important d’identifier les causes, de s’occuper des émotions et, si nécessaire, de limiter les gestes qui dérapent et les orienter dans une autre direction.

Mieux vaut prévenir que guérir

Il existe de nombreuses manières de poser des limites respectueuses à l’enfant, qui l’inciteront à développer sa coopération et son auto-discipline.

  • Définir clairement la règle à l’avance ainsi que la conséquence en cas de non respect, et la rappeler quand c’est nécessaire

Cela pousse le parent à définir ce qui est permis, tolérable, et non négociable. Souvent, nous ne sommes pas au clair avec nous-mêmes et notre enfant s’engouffre dans la faille. La règle doit, de préférence, être courte pour être facilement intégrée par l’enfant. Elle doit aussi être, dans la mesure du possible, formulée positivement. Ma fille s’est mise à écrire sur les murs avec ses marqueurs et nous avons défini une règle simple : “les marqueurs sont faits pour dessiner sur les feuilles. Si tu écris ailleurs que sur ta feuille, maman et/ou papa reprendra les marqueurs“.  Pas besoin d’ajouter des détails, de se perdre dans des explications (en tout cas pour le moment, elle n’a pas besoin de plus). Quand l’enfant grandit, il devient intéressant de lui expliquer, sans se perdre dans des justifications et des négociations sans fin, les tenants et les aboutissants des règles de vie familiale. La visite chez des spécialistes, comme le dentiste par exemple, sera une bonne occasion pour l’enfant de recevoir des informations pratiques par une autre personne que son parent et ce sera parfois bien plus efficace que nos longues explications. Sachons saisir les opportunités qui nous sont données dans notre quotidien.

  • Appliquer la conséquence prévue si la règle n’est pas respectée

C’est important pour être cohérent. Le ton et l’attitude sont extrêmement importants ici, car une conséquence n’est pas une punition, une manière de faire payer l’enfant pour son “mauvais comportement”. La conséquence doit être en lien direct avec l’infraction. Je ne prive pas mon enfant de dessert s’il n’a pas voulu ranger ses jouets, par exemple. Il apprendra, à coup sûr, à ranger ses jouets pour obtenir ce qu’il veut et n’intégrera pas que le fait de ranger ses jouets participe à une vie de famille harmonieuse et au besoin d’ordre de sa maman, par exemple. Oui oui, j’aime quand la maison est bien rangée 😉

priver de dessert

  • Faire des rappels

Quand l’on observe que la situation pourrait dégénérer à tout moment, on peut rappeler brièvement la règle, d’une manière impersonnelle, toujours en quelques mots. Le but est de ramener les règles de vie familiale à la conscience de l’enfant qui, emporté par son jeu, les a peut-être oubliées.  Plus le rappel est court, mieux c’est.  Dans mon exemple, cela pourrait être “Les marqueurs sur les feuilles”, sur un ton chantonnant, et pas sous forme d’ordre militaire, of course 😉 On peut utiliser le “stop” plutôt que le non, accompagné de nos besoins. “Stop, j’ai besoin d’une maison propre”.

  • Exprimer nos besoins mutuels

Ecouter les besoins de l’enfant est tout aussi important que d’exprimer les nôtres. Si l’enfant se sent écouté, il sera sensible à nos besoins. “J’ai besoin d’aide pour …” est suffisant, pas besoin d’ajouter une touche de chantage affectif ou autre. Plus nous exprimerons nos besoins, plus nous inviterons notre enfant à faire de même. En dehors des périodes houleuses, nous pouvons prendre l’habitude de dire à notre enfant comment nous nous sentons. Pour le modèle d’une part, mais pour enrichir leur vocabulaire des émotions et sentiments d’autre part. Cela lui permettra de mettre plus facilement des mots sur ce qu’il vit et de nous le communiquer. Comme pour les règles, l’expression de nos besoins doit être claire, courte et précise. L’affirmation en “je” aide notre enfant à comprendre ce que l’on attend de lui sans qu’il se mette sur la défensive. Alors partageons nos besoins avec notre enfant et faisons lui confiance, il finira par nous respecter aussi.

Quand la crise éclate

  • Reconnaître le désir de l’enfant

La reconnaissance de son besoin, de son envie, va provoquer instantanément une détente chez l’enfant. Même si nous ne sommes pas d’accord sur le principe avec lui, nous avons tout intérêt à l’écouter. Il se sentira compris et sera mieux disposé à entendre notre désaccord. Je ne dis pas que cela passera comme une lettre à la poste, mais ça contribuera à faciliter la chose. Interroge-toi si tu te retrouves souvent à dire “il ne m’écoute jamais”. Peut-être n’est-il pas lui même assez écouté ?

  • Compatir avec la frustration de l’enfant

De nouveau, même si nous ne sommes pas d’accord avec ce que demande l’enfant, nous pouvons être dans la compassion, simplement parce que nous sommes humains et que nous vivons des frustrations au quotidien. “Tu aimerais pouvoir manger plus de bonbons, comme je te comprends! Moi aussi j’aime manger du sucre, mais je fais attention car je sais que trop de sucre n’est pas bon pour moi“. Montrer à notre enfant que nous vivons aussi des frustrations nous rend complices, alors qu’un “non” catégorique parce que nous sommes le parent et l’avons décidé ainsi nous éloigne et endommage notre relation, sur le long terme.

  • Rediriger l’action si possible 

On pourra plus facilement rediriger l’énergie de notre enfant s’il est détendu car son besoin a été reconnu. Souvent, je redirige ma fille en sollicitant son imaginaire. Je suis à chaque fois bluffée par le résultat ! “Tu aimerais manger 3 parts de gâteau, avec plein de chocolat ! Miam, qu’est-ce que ce serait bon !! On en mange ? Allez, je te donne une part (en faisant un geste de la main pour prendre un morceau et lui mettre dans la bouche).  Je crois que j’ai envie de sucre, moi, en fait ;p

  • Contenir l’enfant pour l’empêcher d’agir

Enfant joue rueSi la situation le demande, parce qu’elle est potentiellement dangereuse, on peut l’empêcher d’agir. Par exemple, s’il veut traverser la rue sans regarder, frapper ou mordre un copain, manipuler un produit dangereux… On parle alors de force conservatrice, car l’adulte utilise sa force pour prévenir un danger. Il est nécessaire que cela soit fait sans violence, dans le respect de l’enfant. C’est particulièrement difficile car nos peurs se mêlent souvent à la situation. Si notre enfant veut traverser alors qu’une voiture approche, nous aurons le réflexe de le tirer violemment par le bras, parce que nous avons peur.  L’important, dans ce cas, est de mettre des mots sur ce qu’il s’est passé. “Maman t’a tiré par le bras car elle a eu très peur pour toi! Est-ce que je t’ai fait mal”? Si oui, on peut s’excuser car l’intention n’était pas de lui faire mal. Et petit à petit, nous pouvons apprendre à utiliser la force conservatrice sans violence.  Suite à cela, l’enfant vivra sûrement une crise d’impuissance et de frustration, face à l’adulte qui a plus de force que lui. Dans ce cas, accueillons les émotions qui traversent notre enfant. Le sentiment d’impuissance est difficile à vivre pour tout le monde. Sa colère lui permettra d’évacuer la frustration. Elle n’est aucunement dirigée contre nous.

  • Décrire ce que l’on voit

Je sais qu’il est difficile de rester neutre quand l’on constate une maladresse et de décrire la situation sans jugement. Mais que cherchons-nous au fait ? Des remarques désagréables et notre exaspération ne vont pas amener l’enfant à coopérer. Bien au contraire ! Ce qui nous intéresse ici, c’est la réparation. “Tu ne fais JAMAIS attention”, “C’est TOUJOURS pareil” vont créer de la résistance, alors qu’une description neutre poussera davantage l’enfant à coopérer, à réparer son acte. “Oh, le sol est tout mouillé”. Je pose souvent la question à  ma fille “qu’est-ce que l’on peut faire ?” pour la pousser à trouver une solution par elle-même et à réparer seule ou avec mon aide, si nécessaire.

Des astuces pour le quotidien

  • Aménager la maison

Plutôt que de dire constamment “non” à notre enfant car notre maison est un terrain miné pour lui, nous pouvons adapter son environnent. Pas besoin non plus de faire de notre maison une crèche ou un magasin de jouets, mais définir un coin à l’enfant où il pourra expérimenter ce qui lui vient à l’esprit sans que nous ne devions trop intervenir, voilà qui pourrait déjà éviter certains dérapages. A ce propos, je te conseille d’aller faire un tour sur  le blog Superliposés d’Aurélie, qui est family designer spécialisée dans l’habitat avec des enfants. Tu pourras y trouver plein d’astuces !

  • Donner des activités similaires

Imaginons que notre enfant veuille déchirer les pages du roman que nous sommes en train de lire. Proposons-lui plutôt un vieux journal ou une publicité qui ne nous intéresse pas, pour qu’il puisse s’amuser sans interférer avec nos besoins. Chacun sera content !

  • Donner des alternatives

Lorsqu’on lui donne le choix, l’enfant gagne en pouvoir sur la situation et est plus enclin à coopérer. “Tu te mets en pyjama ou tu te brosses les dents d’abord ?

  • Laisser l’enfant expérimenter les conséquences de ses actes

C’est complètement différent de la punition dans le sens où il s’agit d’une réparation, que l’enfant peut faire seul ou avec l’aide d’un adulte si besoin. Si les conséquences de l’acte sont déconnectées de l’acte lui-même, alors elle sera vécue comme une punition. Mais dans les autres cas, c’est clairement une opportunité donnée à l’enfant de réparer ses erreurs, avec les leçons qu’il peut en tirer en prime. Souvent, quand ma fille fait quelque chose sans le faire exprès, je lui fait remarquer sans jugement, mais plutôt comme une observation. “Oh regarde, le livre est tombé”. Et elle le ramasse immédiatement.

  • Prévenir et donner des détails

Plus l’enfant recevra de détails sur la journée qui l’attend par exemple, plus il sera sécurisé et donc moins stressé. Un changement dans la routine, un événement particulier comme des vacances, aller dormir chez les grands-parents, un rendez-vous médical … peuvent être source de stress et déclencher ce que l’on pourrait assimiler à des caprices. Chez nous, ma fille a besoin de savoir qui viendra la rechercher à l’école le soir. Cette information la rassure, alors nous la lui donnons le matin, quand elle part à l’école. Cela ne nous demande pas beaucoup d’effort et la sécurise pour la journée.

  • Ne pas donner d’étiquette à l’enfant

Il est inutile et contre-productif, lorsque l’enfant enfreint une règle ou à un comportement inapproprié de l’enfermer dans un rôle avec des mots comme “toujours” et “jamais”. “Tu es toujours maladroit, tu ne fais jamais attention, tu es tellement lent, mais quel petit capricieux, tu n’es jamais content” Voilà des affirmations qui, à force d’être répétées, auront un impact négatif sur sa confiance en lui.

  • Garder à l’esprit que l’enfant est un explorateur 

L’enfant teste, fait des expérience avec les objets, mais aussi avec nos réactions, pour mieux nous connaître et comprendre les conséquences de ses actes. C’est au travers de son environnement qu’il explore, découvre et structure son monde. Rien de tout ce qu’il fait n’est à prendre personnellement.

Citation Respect

J’espère t’avoir donné des pistes à explorer pour poser des limites plus respectueuses à ton enfant. N’oublie pas qu’il est aussi important de mettre un peu d’humour, de fun dans la vie de famille. De pouvoir décompresser de temps à temps, de rigoler ensemble. Cela va aider à faire passer des choses plus sensibles. Restons conscients que ses apprentissages prennent du temps et qu’il peut aussi avoir des périodes de régression. Le mot clé ici est de lui faire confiance ! Gardons à l’esprit que l’enfant n’est pas là pour répondre à nos attentes mais pour recevoir un amour inconditionnel, des règles éducatives respectueuses et cohérentes. Bref, semons des graines de bienveillance dans leur vie et admirons, le temps venu, le beau résultat !

A très vite et n’oublie pas que les parents parfaits n’ont pas d’enfant !

Ludivine

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2 thoughts on “Comment vivre une relation respectueuse avec son enfant ?

  1. Super article! 🙂

    L’importance de mettre les mots sur les situations, je l’expérimente quotidiennement! Merci pour le paragraphe « contenir l’enfant pour l’empêcher d’agir » ça m’éclair sur certaines situation 🙂

    1. Merci Alexandra pour ton partage et contente de lire que mon article a pu t’éclairer 🙂 Bonne continuation et à bientôt, Ludivine

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